Famille du disparu Omar EL OUASSOULI
Casablanca le 27 juillet 2018

La famille du disparu Omar EL OUASSOULI

Rejette les dernières conclusions du CNDH

Dénonce la mauvaise foi et l’incompétence du CNDH

Qui manipule qui ?

Comme une ultime tentative pour décréter la clôture du dossier des violations graves des droits humains et notamment celui des disparus dont le sort demeure inconnu, M. Sebbar, Secrétaire général du CNDH. a adressé une lettre au GTDF comme réponse à la lettre adressé au gouvernement marocain par le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires concernant le disparu Omar El Ouassouli. Nous constatons que cette lettre n’apporte aucun élément nouveau permettant d’avancer vers le chemin d’élucidation du sort des disparus. Pire encore, il démontre soit la mauvaise volonté, soit la mauvaise foi ou la manipulation et l’incompétence. En effet, dans le cas de notre frère Omar EL OUASSOULI et depuis le rapport de l’IER publié en janvier 2006, nous constatons que rien n’a été entrepris pour élucider le sort de notre frère. La lettre reprend les dires de certains « témoins » que nous même, avons indiqué à l’IER et sans qu’ils soient vérifiés et ou recoupés.

Depuis le rapport de janvier 2006, nous n’avons cessé de demander au CNDH d’accomplir certains actes pour vérifier et étayer les éléments avancés dans le rapport de l’IER et d’accéder aux documents en leur possession. En effet, nous avons demandé par exemple de prendre connaissance des PV des arrestations dont le rapport fait mention et notamment la dernière qui aurait été effectué en Espagne. Le CNDH aurait pu en vérifier le lieu et la date comme il aurait pu chercher à savoir le dernier lieu de résidence, à connaître ses connaissances etc.

Au lieu, de ce travail d’investigation qui n’a pas été fait, le CNDH s’appuie encore sur la falsification du témoignage de monsieur Zennouhi Hammani pour étayer les conclusions précédente. D’abord présenté d’une manière erronée et falsifiée puisque le témoin qui a affirmé avoir vu OMAR en Libye a déclaré à l’IER que c’était en 1987 et non dans le milieu des années 90 comme il a été affirmé dans le rapport et ensuite repris dans la lettre adressée au GTDF par le SG du CNDH. Ce témoin nous a donné une attestation écrite et signée de sa main.

Rappelons que nous avons démontré et dénoncé le procédé qui consiste à faire des rumeurs et/ou des fausses informations des « vérité ». Les services n’ont cessé d’user de ce procédé avec notre famille. Le pire étant qu’il soit relayé par l’ex IER, le CCDH et maintenant le CNDH au nom de son SG .

Mais ce qui est déroutant c’est le fait que le cas d’Omar soit présenté dans le rapport et en suite dans la lettre du SG comme un exemple type et sur la seule base d’élément aussi douteux pire encore falsifié. Même si on suit la logique des arguments présentés par le CNDH, on est certains que l’histoire de sa présence en Libye dans les milieux des années 90 est totalement fausse car inventée de toutes pièces. Il n’existe, dans les affirmations retenues et présentées dans la lettre, aucun témoin ou éléments attestant qu’il a été vu libre de ses mouvements à compter de juin 1988, date de sa dernière arrestation. De l’aveu même des autorités. Il n’y a donc plus aucune trace depuis cette date, pourquoi M. Sebbar n’est pas arrivée à la conclusion que n’importe quel esprit sain aurait faite, c’est à dire qu’Omar serait encore entre les mains des autorités et donc orienter les investigations dans ce sens ? […] ».

La réponse de Monsieur SEBAR se base sur des éléments erronés et présentés comme étant crédible. Il a mis en avant la présence d’Omar en Libye dans les années 90 alors que aucun témoignage, ni aucun document n’est présenté pour attester la véracité.

En effet, nous considérons que cet élément est avancé pour le seul but de faire l’impasse sur la date de 2 juin 1988 où Omar était remis aux autorités Marocaines par les autorités espagnoles via le poste frontière de SEUTA. Depuis, il s’est comme évaporé, volatilisé.

Monsieur SEBBAR affirme que Omar a été libéré le 7 juin 1988 et que depuis il a voyagé à l’étranger et sans avancer ni de preuve tangible, ni de témoignage.

Aussi, nous ne pouvons nous résoudre à des affirmations dénouées de toutes preuves. Ainsi à défaut de la présentation de preuves tangible nous considérons que les autorités marocaines doivent répondre du sort d’Omar EL OUASSOULI et ce à compter du 2 juin 1988 date à laquelle il leur a été remis par les autorités Espagnoles.

La conclusion de cette lettre est dans la ligne droite du celle de l’IER que nous avons dénoncée car il ne repose sur aucun fait vérifié et recoupé. En tout les cas, aucun élément probant ne nous a été présenté.

En l’absence d’éléments tangibles, vérifiés et vérifiables, nous ne pouvons lire cette nouvelle conclusion qu’à la lumière de la genèse de cette affaire qui à notre sens est embarrassante pour les autorités. Mais que cache telle et qui manipule qui?

Fait à Casablanca le 27 juillet 2018
Famille du disparu Omar EL OUASSOULI

 

Rappel des faits :

octobre 1980 : arrestation puis détention et torture dans un centre de détention clandestin pendant 27 jours.
Février 1984 : Omar EL OUASSOULI n’a plus donnée signe de vie alors qu’il travaillait au sein d’un bureau d’étude ITECO à Agrandir.
1989 : déclaration par la famille de sa disparition.
1996 : début des intimidation de la famille et notamment les parents par les agents de la DST par des visites sous des fausses identités et répondant des fausses informations.
15 octobre 1998 : le CCDH publie une liste de 112 disparus. Omar EL OUASSOULI y figurait comme étant vivant à l’étranger et sans aucune autre précision.
Le 12 novembre 1999 : la famille adresse une lettre au CCDH affirmant son droit d’avoir accès à toutes les informations qui lui ont permis d’arriver à une telle conclusion.
Le 2 mai 2000 : convocation par fax de la famille pour se présenter devant la commission dite d’arbitrage, la famille a reçu cette lettre comme une provocation.
Le 27 juillet 2003 : la famille réitère ses exigences d’accéder à toutes les informations dont le CCDH disposait.
Le 26 novembre 2003 : la famille reçoit une lettre en arabe de la dite ‘’commission d’arbitrage’’ qui venait lui notifier une décision, du 09/07/2003 sous le n° 4452, de la dite commission concernant la disparition de Omar et où il était écrit ‘’[….] Il ressort des pièces du dossier que M. Abdelkrim EL OUASSOULI a présenté une demande en date du 16/12/1999 sous le n 1/11 (128), indiquant que sa famille veut arriver à la vérité à propos de la disparition de son frère M. Omar EL OUASSOULI Ben El Mehdi, de connaître les responsables et d’engager des poursuites. Ce qu’elle considère un droit absolu […] En conséquence le demandeur a été convoqué à la séance plénière en date du 11/05/2000 et il n’a pas comparu bien qu’il ait reçu la convocation [.. .] La demande est parvenue dans les délaies mais elle concerne la connaissance de la vérité et la poursuite des responsables de la disparition, ce qui est hors des compétences de la commission d’arbitrage[…] Ses prérogatives se limitent à l’indemnisation des victimes et des ayants droits […] En conséquence il faut rejeter cette demande’’.

Avril 2004 : une personne va se présenter chez les parents de Omar, se croyant porteuse de bonnes nouvelles et de bonne foi. Elle leur annonce, que ‘’quelqu’un aurait vu et a parlé avec Omar à Errachidia.
Après avoir rencontré la personne en question qui a accepté de faire un témoignage écrit signé de sa main, la famille a demandé à l’IER d’agir et de vérifier la véracité des dires du « témoin ».
En effet, la La famille s’est toujours méfiée de ce genre de témoignage, car elle sait que les autorités peuvent les fabriquer de toutes pièces. Omar est en Hollande, Omar est en Libye, Omar est par ici, Omar est par là. Mais, ce qui était curieux dans le récit du témoin, c’est qu’il ne laissait place à aucune possibilité de vérification par aucune autre personne et/ou aucun élément matériel. Mais le fait que le témoin a accepté d’écrire son témoignage et de réitérer son témoignage devant plusieurs personnes a rendu la famille perplexe.

Suite au communiqué que la famille a publié le 13/05/04, à la transmission d’une copie du témoignage de la personne qui affirme avoir rencontré notre Omar et au communiqué publié par l’AMDH (Errachidia) accompagné du PV de recueil du témoignage, la famille a rencontré certains membre de l’IER dans les locaux de cette dernière le 19 mai 2004. Lors de cette rencontre, l’un des membres de l’IER a tenté d’affirmer l’invraisemblance du contenu du témoignage en ne se basant sur aucun fait factuel. Alors qu’ils devaient seulement en prendre acte et procéder aux vérifications nécessaires en le confrontant à des éléments matériels, normalement ils devaient s’abstenir d’avoir un quelconque jugement et /ou interprétation avant vérification.

La famille a rencontré une deuxième fois l’IER à Jorf en juin 2004 et suite au décès du père de Omar. A cette occasion, elle a présenté à l’IER quelques personnes qui ont connu Omar et elle leur a indiqué les coordonnées d’une autre personne qui a dit avoir vu Omar en Libye. A cette occasion, la famille apprend de l’IER qu’il a été indiqué dans le dossier constitué par le CCDH que Omar aurait été arrêté et à deux reprises à la frontière algérienne, la dernière étant en 1987. Les membres de l’IER ont pu rencontrer par la suite la personne qui a déclaré avoir vu Omar à Errachidia. Cette personne a maintenu ses dires.

Or, dès novembre 2004, l’IER va se livrer et pratiquement une année durant à distiller des informations à la presse et la plupart du temps sous couvert de l’anonymat et en utilisant des formules consacrées telles que « de sources sures et bien informées » sans jamais prendre la peine de contacter directement la famille ou même de commenter les articles qui se succédaient sur les colonnes des journaux.

Ces informations affirmaient que Omar serait vivant, d’autres fois qu’il serait amnésique ou qu’il aurait perdu la raison ou encore qu’il serait retourné par les services. L’IER a été interpellée à plusieurs reprises pour mettre fin à ce procédé et de se prononcer officiellement sur la véracité de ce qui est publié par les journaux et présenté comme ayant pour source l’IER.

La section française du Forum avait par exemple adressé cette lettre ouverte au Président de l’IER le 19 janvier 2005:
‘’Monsieur le Président,
L’annonce par votre Institution le mois de décembre dernier suivant laquelle Omar El Ouassouli, disparu politique depuis 1984, est en vie, a semé le trouble et le désarroi parmi les membres de sa famille, ses connaissances et l’opinion publique.

De plus, les médias se sont emparés de cette information qualifiée par votre Instance de « vérité choquante » pour broder différents scénarios, laissant libre court à leur imagination ou plutôt aux messages distillés par les officines spécialisées dans la désinformation.

Votre dernière déclaration se résume à ceci : « nous savons où est Omar, mais on ne va pas vous le dire actuellement ». Ce qui permet l’interprétation suivante: « nous laissons entre-temps aux médias toute latitude pour vous torturer encore plus à travers les informations contradictoires qu’ils vont vous concocter. »

Cette attitude, Monsieur le Président, face au droit à la vérité imminente sur cette question, relève de l’irresponsabilité de l’IER au regard de ses prérogatives mêmes. Au delà de la vérité, où est l’équité ? Comment peut-on admettre une telle gageure de la part d’une commission, censée faire la lumière sur les années de plomb et qui continue à retenir au secret un ancien disparu politique tout en laissant libre court à toutes les médisances, par médias interposés.

Monsieur le Président,
Avant votre annonce médiatique, la famille de Omar exigeait une chose : savoir si son très cher fils est vivant ou mort.

Maintenant que vous lui avez annoncé qu’il est vivant, il est de votre devoir de lui dire où il se trouve sans attendre.

Il s’agit de votre devoir et aussi de votre dignité et, à travers vous, de celle des membres de la Commission que vous présidez.
Avec nos salutations.’’

le 6 janvier 2006 : la famille ne va prendre connaissance de la conclusion officielle de l’IER que le 6 janvier 2006. En effet, le rapport a été mis en ligne.

Elle va apprendre que le cas Omar EL OUASSOULI a été cité comme l’exemple type de personnes qui ne font pas l’objet de disparition forcée. Voir texte intégral en arabe annexe 1.

L’IER a conclu par une recommandation aux autorités publiques (nous citons) de continuer la recherche selon les réglementations juridiques en vigueur afin de permettre à sa famille de connaître l’endroit où il se trouve et de le contacter.

Effectivement et en l’absence d’éléments tangibles, la famille ne peut que rejeter et en bloc les conclusions de l’IER concernant Omar. Les éléments censés étayer cette conclusion et présentés dans le rapport final sont de deux catégories :

– les éléments fournis par les autorités marocaines qui font état de deux arrestations suivies de libérations dont la dernière aurait eu lieu en juin 1988. Ce que nous pouvons retenir de ces éléments est l’aveu que ce sont bien les autorités marocaines qui l’ont vu pour la dernière fois puisque aucun élément probant n’est venu démontrer le contraire.

Il a été aussi relaté un certain nombre de déplacements (Espagne, Tunisie et Algérie). Nous ne savons pas si l’IER a procédé aux vérifications nécessaires auprès de ces pays pour étayer et corroborer les déclarations des autorités marocaines.
Même dans l’hypothèse où ils le seraient, la question que l’IER aurait dû se poser c’est pourquoi tous ces déplacements ? A t-il été pourchassé ? Et par qui ?

– La deuxième catégorie des éléments présentés est relative aux témoignages. D’abord présentés d’une manière erronée, pour ne pas dire falsifiée puisque le témoin qui a affirmé avoir vu OMAR en Libye a déclaré à l’IER que c’était en 1987 et non dans le milieu des années 90 comme il a été affirmé dans le rapport. Ce témoin nous a donné une attestation écrite et signée de sa main. D’autre part, nous avons réussi à identifier l’élément de la DST qui a dit aux parents que Omar était en Hollande. Ce dernier l’a avoué à un témoin.

Les déclarations de l’autre témoin qui avait déclaré avoir vu Omar à Errachidia n’ont pu être corroborées et étayées, de l’aveu même de l’IER. D’ailleurs depuis ce témoigne, nous avons pressenti là où le pouvoir voulait amener l’IER et nous les avons mis en garde à plusieurs reprises. Mais ces mises en gardes n’ont apparemment servi à rien.

Mais ce qui est déroutant c’est le fait que le cas de Omar soit présenté dans le rapport comme un exemple type et sur la seule base d’éléments aussi douteux. Même si on suit la logique des arguments présentés par l’IER, on est assurés et certains que l’histoire de sa présence en Libye dans les milieux des années 90 est totalement fausse car inventée de toutes pièces. Il n’existe, dans les affirmations retenues et présentées dans le rapport, aucun témoin ou éléments attestant qu’il a été vu libre de ses mouvements à compter de juin 1988, date de sa dernière arrestation. De l’aveu même des autorités. Il n’y a donc plus aucune trace depuis cette date, pourquoi l’IER n’est pas arrivée à la conclusion que n’importe quel esprit sain aurait faite, c’est à dire que Omar serait encore entre les mains des autorités et donc orienter les investigations dans ce sens ?

Le président de l’IER avait déclaré et en privé à une personne sûre et digne de foi que Omar aurait été localisé entre Boulmane et Meknès. Si c’est vraiment le cas, pourquoi l’IER n’informe pas simplement la famille et ainsi mettre fin à cette tragédie. A vrai dire, il est difficile de croire à cette thèse pour la simple raison que Omar devrait vivre en ermite pour éviter de rencontrer quelqu’un, ou d’être vu par quelqu’un sachant qu’il a fait l’objet d’une large médiatisation.

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