La Commission Nationale de la Voie Démocratique a tenu sa réunion ordinaire le 03 novembre 02.
Après s'être arrêtée sur la situation politique au pays, elle a publié le communiqué suivant :
La rencontre de la Commission Nationale de la Voie Démocratique se déroule dans une conjoncture caractérisée par :
- L'accélération des préparatifs de l'impérialisme américain en vue d'agresser militairement l'Iraq pour perpétuer sa domination du Moyen-Orient riche en pétrole ,et surtout faciliter sa main –mise sur le pétrole iraqien par le biais de l'instauration d'un régime fantoche qui serait son laquais fidèle à l'instar de la mise en place de Qaraday après sa guerre contre l'Afghanistan.
- En dépit de l'opposition de nombreux pays à cette guerre américaine contre l'Iraq et la mobilisation d'une partie importante de l'opinion publique mondiale contre elle et contre la guerre d'extermination du peuple palestinien perpétrée par le sionisme sous l'égide du criminel contre l'Humanité – Sharon – soutenu totalement par son allié, l'impérialisme américain décidé plus que jamais à démanteler la région pour en faire une zone dépendante ,et ainsi piller sa richesse et asservir sa population.
Par contre, la majorité des régimes du monde arabe ne voit de solutions à leurs crises que dans la servilité grandissante devant l'impérialisme ,en contre partie de promesses de quelques miettes. Il n'est pas étonnant que ces régimes prétendent s'opposer à la guerre devant les peuples tout en se liguant en secret contre le peuple iraqien et les autres peuples de la région.
Notre pays vit au rythme post – électoral législatif du 27 septembre 2002. Ces élections, qui tout en différant un tant soi peu formellement des précédentes, consacrent de façon caricaturale le même contenu à savoir la maîtrise du pouvoir de la carte parlementaire pour perpétuer la domination totale du maghzen sur l'appareil de l'Etat.
La désignation de Dris Jettou à la primature conforte cette vérité. La constitution marocaine met tous les pouvoirs aux mains du roi. En cela ,elle consacre le pouvoir personnel absolu et rappelle à ceux qui l'ont entérinée, cautionnée, fait son apologie et écarté toute velléité d ‘actions pour sa révision, que la véritable avancée dans la voie de l'établissement d'un système démocratique dans notre pays passe par l'abolition de cette constitution anti- démocratique et son remplacement par son antonyme : Une constitution démocratique au niveau de l'élaboration, du contenu et de l'approbation, conçue par les vrais représentants du peuple et instituant la séparation des pouvoirs et faisant de la volonté du peuple souverain la source de tous les pouvoirs.
Le parlement actuel ne représente pas la majorité du peuple marocain qui ,soit a largement boycotté les élections, soit a voté par un bulletin nul ou ne s'est même pas inscrit dans les listes électorales ou a tout simplement été écarté de l'opération.
La fiévreuse course des partis parlementaires afin de constituer des majorités sur des coalitions opportunistes, puis le désir de chaque parti de bénéficier du plus grand nombre de porte feuilles ministériels avec ce qui s'ensuit de querelles internes qui n'ont rien de glorieux, pour les postes de ministres et finalement l'acquiescement à la volonté du makhzen en acceptant ses conditions concernant la majorité et le choix des ministres ; tout cela a ôté toute légitimité à ce jeu politique dénaturé et montre clairement que l'absolutisme est la nature véritable du pouvoir dans notre pays.
Alors qu'une partie de l'élite est préoccupée par ce jeu politique stérile et convoite les miettes du makhzen, notre peuple affronte une réalité de crise qui empire de plus en plus et lui impose la dégradation de sa situation sociale : recrudescence de la pauvreté, le chômage, la détérioration des services sociaux publics comme l'enseignement, la santé, l'habitat ou le transport…
L'Etat et la bourgeoisie profitent de cette conjoncture pour augmenter certains prix. Ceci touche plus particulièrement jeunesse empêtrée dans le chômage malgré les diplômes supérieurs de l'une de ses grandes franges. Elle caresse le rêve de l'émigration clandestine « pour échapper » à ses problèmes à l'étranger. Cela s'accompagne bien- entendu de tragédie de la mort au Détroit de Gibraltar.
Il n'est pas étonnant que prospèrent dans ce climat les maladies sociales ; drogue, prostitution, criminalité …
Récemment, certains responsables, du C.I.H et de la B.P ont été traduits en justice,et sont révélées des données au sujet du pillage perpétré par la mafia makhzen.
La Voie Démocratique a toujours demandé que les crimes économiques soient punis.Et est-il besoin de le rappeler, nombre de ses militants ont , en l'occurrence, passé de longues années d'incarcération pour avoir dénoncé la corruption qui ronge l'appareil de l'Etat.La Voie Démocratique souligne ce qui suit :
- Ces scandales ne sont pas des erreurs ou des actes isolés de certains responsables corrompus, mais sont plutôt le résultat d'une certaine gouvernance basée sur la corruption de l'élite politique, administrative, militaire et de sécurité à laquelle elle a offert plusieurs privilèges (grandes fermes, agréments, permis divers, exonérations…) et sur l'utilisation d'une partie des fonds publics comme caisses noires à la disposition du système.
- Ce n'est pas tout, disposer des biens et fonds publics constitue la forme de l'accumulation primitive du capital de la part des classes dominantes rentières, parasitaires et exploiteuses. Donc ce pillage qui n'est pas l'apanage d'une époque dite révolue, perdure pour la simple raison que la mafia-makhzen détient toujours le pouvoir.
- Dans cet ordre d'idées, l'ouverture véritable du dossier des crimes économiques signifie, dans le fond, le jugement des classes dominantes et de leur système politique.
Dans ce cadre la Voie Démocratique exige que cette question soit traitée selon les principes suivants :
- Le jugement des crimes économiques doit être généralisé pour toucher tous les secteurs sans exception. Nous pensons ici aux mines, surtout le phosphate, les fermes récupérées, la pêche maritime et le transport.
- Ne pas présenter aux tribunaux quelques « boucs émissaires » mais faire le procès des principaux responsables quelles que soient leurs positions en veillant à l'équité du jugement et qui débouche sur la restitution des fonds pillés et les biens publics concédés illégalement.
A la fin, des travaux la Commission Nationale, s'est arrêtée sur la catastrophe de l'incendie de la prison d'El Jadida. A ce sujet, la voie Démocratique tout exprimant ses chaleureuses condoléances et sa solidarité aux familles des décédés et des victimes, demande l'ouverture d'une enquête probe et impartiale qui appréhende les responsables de la tragédie, et indemnise les victimes et leurs familles.
La Voie Démocratique considère que la réitération de ce type de tragédies revient aux problèmes de la surpopulation des prisons, de la primauté de la répression dans le traitement des fléaux et maladies sociaux, de même qu'à la faiblesse voire à l'absence de l'entretien et de la réforme des prisons dèja très délabrées dans leur ensemble et enfin au comportement «tout sécuritaire» avec les prévenus.
Casablanca le 03 novembre 02 |