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A propos du 8ème congrès De l’AMDH

A propos du 8ème congrès De l’AMDH
                                                      

 Le débat suscité par le 8ème congrès de l’AMDH démontre que cette association est devenue un acteur non négligeable dans la vie politique du pays : toutes les réactions ont pour soubassement des considérations politiques et des approches loin d’être strictement « humaines ». Tout le monde en parle : la presse, l’internet, dans les cafés…l’AMDH fascine les uns, dérangent d’autres, s’attire la foudre des uns…Elle a ses fans (surtout parmi les femmes et les jeunes), elle a ses ennemis classiques ( les commis du makhzen) et ses ennemis néoclassiques ( les divers rabatteurs ).
 Ce débat nous interpelle tous. C’est dans ce cadre que j’interviens en tant que militant simple de l’AMDH pour exprimer un point de vue personnel. 

1- Les données relatives au 8ème congrès de l'AMDH:
- Le BE (bureau exécutif issu du 7ème congrès) en coordination avec la CA ( commission administrative issue du même congrès) a planifié et puis supervisé les élections des congressistes.
- Le 8éme congrès n'a reçu ni réclamation ni opposition quant aux résultats des dites élections
- Les militantes ont constitué 38% du total des congressistes ( c'est une fierté pour les vrais démocrates, surtout lorsqu’on se trouve dans une monarchie islamique pour ne pas dire islamiste et qui est loin d'être " éclairée")
- Les jeunes et moins jeunes étaient là ( la démocratie et la relève obligent)
- Les rapports moral et financier ont été approuvés à la quasi unanimité. Le BE et la CA , issus du 7éme congrès ont obtenu leur quitus à tête haute.
- La présidence des travaux du 8ème congrès n'a pas posé de problème particulier
- Tous les projets de motions et autres recommandations présentés par les ateliers après des heures et des heures de labeur fructueux, ont été débattus dans l'AG et adoptés à la quasi unanimité
- Le nouveau mode de scrutin (qui a remplacé " la commission des candidatures" - lajnate attarchihate) a été adoptée sans opposition aucune.
- Le communiqué final (véritable test de la cohésion de tout congrès) a été voté positivement à la quasi unanimité.
- L'élection des membres de la nouvelle CA , selon le nouveau mode de scrutin, n'a fait l'objet d'aucune contestation, ni de remise en cause.
- Selon Laanait, membre du secrétariat national d'ANNAHJ, sur 75 membres de la CA nouvellement élue, 35 sont membres d'ANNAHJ (23 H et 12 F ); ANNAHJ a voté pour 13 sans "étiquette politique" ( 5 F et 8 H) de même qu'il a voté pour 4 militants appartenant à des sensibilités politiques autres que ANNAHJ, PADS et PSU. Il a précisé aussi que ANNAHJ a voté pour des militants de PSU.
2 – Observations :
 - Quelque soit notre lecture des résultats, on ne peut pas nier le succès du 8ème congrès de l'AMDH car tout s'est déroulé dans le respect des statuts et du règlement intérieur. Tous les moments forts du congrès ont été couronnés par des votes à la quasi unanimité. Les débats étaient profonds, francs, houleux quelque fois, mais se terminent par des consensus reflétés par des votes positifs à l'unanimité ou la quasi unanimité.
- Le dépassement des accords préalables entre les principales composantes politiques de l'AMDH a permis à des militant-es SAP (13 selon Laanaït) ainsi qu'aux autres tendances "minoritaires" ( 4 selon la même source)d'être membres de la CA. C'est une première dans l'histoire de l'AMDH. Pour la première fois on est en présence d'une AMDH plurielle.
- Pourquoi ces résultats "inattendus" pour certains?
  * le nouveau mode de scrutin adopté a permis une véritable démocratie et une véritable transparence loin des tractations des coulisses.
  * Ces dernières années l'AMDH et ses militants ont joué un rôle très important dans les luttes des masses populaires pour les droits élémentaires ( qui ne sont autres que le minima-social et humain nécessaire) des citoyens, qu'ils étaient à l'avant garde  des "dénonciateurs " des abus des autorités, des patrons, des dilapidateurs des deniers publics, des comportements dégradants pour la Femme de divers machos... Les militants de l'AMDH ont toujours répondu présents. Ils n'ont jamais raté le rendez-vous avec l'Histoire. 
Qui sont-ils ces militants? des membres des organisations de la gauche radicale légale (ANNAHJ, PADS, PSU, CNI, PS), des militants des groupes marxistes non "légaux" et aussi des milliers de militants de l'AMDH SAP.
 Les luttes de toutes ces années, ainsi que les luttes menées ces derniers mois par ATTANSIKIATES ont permis l'émergence des meilleurs d'entre nous, ont permis aux " inconnus" de mériter l'estime des autres militants qui les ont élus démocratiquement comme congressistes.
 Ces luttes nous ont permis de déguster l'agréable "surprise" de voir une certaine SAMIRA (SAP) de Rabat, un certain Kabbouri (PSU) de Bouarfa, une certaine Khadija (ANNAHJ) de Tata, un certain Aharrat ( sensibilité marxiste) de Chefchaoun.. .membres de la nouvelle CA.
La résistance, la lutte, l'abnégation. ..nous ont enfanté une AMDH plurielle, une AMDH solide grâce aux acquis de son  passé militant et pleine de nouvelle énergie et de détermination pour faire face aux nouveaux défis Une AMDH plus forte et certainement plus déterminée.
 C’EST UNE VERITABLE REVOLUTION DANS L’HISTOIRE DE L’AMSDH que tout démocrate conséquent se doit de saluer et cela loin des calculs arithmétiques qui font renaître chez certain l’antimarxisme primaire et qui dévoile chez d’autre une vision élitiste ( à la bourgeoise) des droits humains et le mépris hautain  des militants(es) issus(es) des milieux populaires  qui ont appris à lutter loin des palaces, lieux devenus mode pour les  réunions, conférences et autres séminaires des gens qui se veulent donneurs de leçons et se prennent pour les « savent tout »

3- Brève aperçu sur l’histoire du mouvement pour la défense des droits humains au Maroc :
-          Début 1972 : la répression systématique et généralisée (enlèvements, torture…) visait la gauche de l’UNFP et le mouvement marxiste-léniniste. Le peuple marocain subissait le terrorisme aveugle de l’Etat makhzénien. Des militants, au risque de leur vie, ont crée un comité contre cette répression ( c’est une première dans les annales de l’histoire du Maroc.) Les kamikazes de cette entreprise ne sont autres que Abderrahmane BENAMRE (référence incontournable en matière des droits humains), Abdelhamid AMINE, Omar BENJELLOUN, Abdellah ELHARIF, AIT KADDOUR…
    Ce comité n’a pas la chance de survivre, puisque AMINE fut arrêté quelques mois après, AIT KADDOUR a pu s’exiler, Elharif fut enlevé par la suite et Omar BENJELLOUN fut assassiné .
 Le mouvement de la défense des droits humains est né au Maroc grâce aux militants révolutionnaires et organisés. Ce n’était pas une initiative des âmes charitables, ou d’intellectuels bourgeois qui ont voulu soulagé leur conscience tels les faux dévots qui prennent l’avion pour la mecque ou distribué quelques centimes par ci par là, ou les nouveaux messies qui distribuent des bols d’elharira pendant le mois de ramadan, ou des micro-crédits prétextant lutter contre la pauvreté et l’exclusion.
-          A partir de 1973 les militants liés au mouvement marxiste- léniniste marocain ont repris le flambeau de la défense des droits humains en créant à l’étranger «  les comités contre la répression au Maroc », ces comités ainsi que l’ASDHOM par la suite ont pu dévoiler ( à l’étranger) le vrai visage de la tyrannie makhzenienne , mobiliser des démocrates pour la cause du mouvement des droits humains au Maroc et apporter un soutien inestimable aux prisonniers politiques et à leurs familles.
-         Le 24 juin 1979 fut créée l’AMDH et cela grâce essentiellement aux militants de la gauche ittahidie (le militant BENAMRE à leur tête),et de certains militants liés au mouvement marxiste léniniste marocain (MMLM). Cette naissance a eu lieu dans un climat   caractérisé d’un côté par la répression makhzenienne , et de résistance et de luttes populaires de l’autre.
  L’histoire de l’AMDH depuis sa naissance fait partie de l’histoire de la lutte du peuple marocain, de l’histoire de la résistance de la gauche radicale.
 Certains intellectuels voient le mouvement de la défense des droits humains avec des lunettes suédoises. En Suède, la prise de position d’un intellectuel démocrate ( ou d’un groupes d’intellectuels) peut amener les autorités à rectifier le tir, à revoir leurs décisions ; donc la défense des droits des citoyens n’a pas besoin d’une organisation de masse dirigée par des militants aguerris et des sit-in quotidiens.
 Le Maroc est « géré » par un régime complètement hostile à toute « philosophie » des droits humains. Il est sourd à toute revendication légitime des citoyens, puisqu’il n’y a pour lui que des sujets et autres valets. Dans cette réalité une organisation de la défense des doits humains ne peut être que militante. Elle ne peut que se baser sur des militants de la gauche radicale tout en restant ouverte aux démocrates conséquents. Sous un régime tel que le régime marocain, une association de défense des droits humains conséquente, une organisation syndicale conséquente…ne peuvent qu’être des organisations de combat et de combattants. L’AMDH depuis sa fondation est combattante grâce à ses militants-combattan ts. Ce n’est pas un choix délibéré, c’est une nécessité impérative, nécessité imposée par la nature du régime politique, par la nature de la formation sociale, par le degré de développement culturel…
La déclaration universelle des droits de l’homme préconise que tous les être humains naissent égaux, or dans la réalité marocaine « l’espérance politique » (terme emprunté aux lois des probabilités)  du citoyen est biaisée « légalement » à la naissance, puisque un amazigh, un aroubi, un « hratani » ne pourront jamais devenir chef d’Etat. Peut-on être monarchiste et militant des droits humains ?

4 – De quoi s’agit-il en fait ?

Le débat suscité par le 8éme congrès de l’AMDH n’est que l’arbre qui cache la forêt. Les enjeux réels dépassent le cadre de l’AMDH. Il s’agit en fait de deux approches quant à la réalité politique que vit le Maroc surtout depuis la mort de Hassan II. Certains croient que « la nouvelle ère » constitue un changement profond et positif dans la politique de l’Etat et qu’il est temps de déposer les « armes » de la résistance et rentrer au bercail. Parmi ceux-ci il y en a qui sont allés jusqu’à renier leur passé et à endosser la responsabilité « des années de plomb » aux tendances gauchistes ittihadia et marxiste-léninistes. Heureusement que ces messieurs ont refusé de se joindre à l’AMDH.
La deuxième approche considère et avec raison que les changements politiques qu’a connus le Maroc après la mort de Hassan II n’ont pas touché l’essence tyrannique du régime. Il suffit de se référer à la « constitution » qui n’a pas été modifiée d’un iota et qui légitime la concentration de tous les pouvoirs entre les mains du Roi. Les  méthodes de « traitement » des conflits n’ont pas dépassé les pratiques répressives classiques. C’est la continuité qui prévaut sur tous les plans et dans tous les domaines avec quelques retouches pour faire face aux « rides » causées par l’évolution de l’humanité.
 Cette approche ne voit d’autres voies pour faire progresser politiquement, économiquement,  socialement et culturellement le Maroc, que la lutte des masses populaires conscientes et organisées. Ces luttes concernent tous les fronts y compris celui des droits humains, sinon à quoi sert de souligner parmi les 6 principes de l’AMDH son caractère de masse et sa vocation de progressiste.

  En guise de conclusion je tiens à saluer le grand militant des droits humains, mon cher ami Fouad ElMoumni, connu pour sa franchise,  qui défend ses idées tout en restant membre de l’AMDH, ce qui le différencie des gens qui n’ont jamais porté cette organisation combattante dans leur cœur et qui viennent aujourd’hui verser leurs larmes de crocodile sur « la défunte AMDH !! ».Quel culot !
                             Mohammedia le 01/05/2007
                                Ali Fkir militant de base de l’AMDH

 

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