مداخلة الرفيق براهمة المصطفى في الندوة الدولية حول موضوع أزمة كورونا

مداخلة الرفيق براهمة المصطفى في الندوة الدولية حول موضوع أزمة كورونا

brahma-m-paris-800x265 مداخلة الرفيق براهمة المصطفى في الندوة الدولية حول موضوع أزمة كورونا

هذه مداخلة الرفيق براهمة المصطفى الكاتب الوطني للنهج الديمقراطي، في الندوة الرقمية الدولية، حول موضوع أزمة كورونا وانعكاساتها الاجتماعية والاقتصادية والسياسية على أوضاع الطبقة العاملة والشعوب، وكذا طرح مشروع خطوط بديل اجتماعي يساري لتجاوز النظام الرأسمالي.

« Quelles alternatives de gauche aujourd’hui pour le dépassement du capitalisme ? »

La crise du capitalisme est inhérente à ce mode de production et ce système économique, politique et social.
Mais, la pandémie du covid-19 a seulement mis en exergue : sa traîtrise de la classe ouvrière et des peuples, la fragilité du système économique capitaliste qui commençaient à vaciller comme un château de carte, le renfermement sur soi : chaque pays continue à produire l’essentiel pour sa propre population.
Des pays se sont emparés de cargaisons médicales destinées à d’autres pays, qui avaient la mal chance de transiter par ces derniers.
Finie la solidarité, l’entraide, le partenariat.
Le covid-19 a très vite mis à genou les économies capitalistes.
En réalité, le capitalisme vit tout le temps des contradictions, du fait de :
– De la tendance baissière du taux de profit
– De la prééminence du capital financier dans la formation du capital
– Du néolibéralisme qui a atteint ses limites.
Le monde après la pandémie du coronavirus ne sera plus la même. C’est un des enseignements de l’Histoire. Les pandémies, les famines, les guerres ont toujours façonné le monde d’après. Ce genre d’événements majeurs accélèrent l’histoire, attisent la lutte des classes et portent en général des changements.
Par exemple :
– La 1ère guerre mondiale a eu pour conséquence : la révolution socialiste d’octobre 1917.
– La crise économique de 1929 a eu pour conséquence : l’intervention de l’Etat pour la régulation du
marché.
– La 2ème guerre mondiale a eu pour conséquences :
 L’apparition des USA comme première puissance dépassant le Royaume-Uni et la France
 Le développement des mouvements de libération contre le colonialisme
 Le développement de l’Etat social dans le cadre de l’Etat providence.
– L’apparition à partir de 1980 du néo-libéralisme qui voulait revenir sur les acquis de l’Etat
providence, la marchandisation de tout : travail, santé, enseignement, culture, etc ; ainsi que la privatisation des secteurs publics.
1) Lecapitalismeaprèslecoronavirus:
Le capitalisme voudra faire supporter les effets de la crise à la classe ouvrière et les peuples, d’où :
– Il y aura beaucoup plus de chômage, gels de salaire, plus d’impôts, moins de couverture sociale.
– Les puissances économiques impérialistes vont vouloir centrer leurs production sur leur besoins, et
mettre fin à la délocalisation en rapatriant leur production, quand ils en auront besoin.
– Au niveau des contradictions entre les puissances coloniales :
 La Chine occupe la 1ère place au niveau économique avant les US ;
 Le monde s’achemine vers un bipolarisme voir un tripolarisme : concernant le bipolarisme :
l’URSS, la Chine et l’Inde d’un côté et les USA, Grande Bretagne et Japon de l’autre. Probablement, vers un tripolarisme si l’Union européenne arrive à apaiser ses divisions et les séquelles du coronavirus et si la tendance indépendantiste vis-à-vis des USA arrive à s’affirmer.
 Sur le plan politique : les peuples vont chercher à dépasser le néolibéralisme, qui a montré son impuissance au temps de la pandémie. Ils chercheront une alternative au dualisme des forces de la sociale démocratie et du libéralisme. Ils chercheront des représentations politiques au niveau des mouvements sociaux.
 Les syndicats reprendront le flambeau des luttes sociales. Le modèle de démocratie recherché sera : une réelle démocratie participative ou carrément une démocratie directe.
Enfin, les partis de gauche se doivent de se frayer un chemin vers le dépassement du capitalisme à travers des programmes politiques, économiques et sociaux, qui permettront à la classe ouvrière et aux peuples : de contrer les attaques du capitalisme, qui voudra leur faire supporter les conséquences de la crise, de lutter pour de nouveaux acquis sociaux et politiques, d’ouvrir la voie vers le dépassement du capitalisme.
La stratégie des partis de gauche anticapitaliste doit se baser de plus en plus sur :
– Les mouvements sociaux et les syndicats de lutte et de combat
– Les actions politiques contre le néolibéralisme et pour ouvrir la voie du dépassement du capitalisme
– Une solidarité entre les forces de gauche intra et inter-pays
– Une solidarité entre les classes ouvrières des pays capitalistes et, les classes ouvrières et peuples
des pays du capitalisme dépendant
– Il faut viser l’impérialisme américain qui est le plus interventionniste et le plus violent.
2) Danslespaysducapitalismedépendant
Ces pays connaîtront de plus en plus de pression des pays capitalistes impérialistes :
– Ils vont leur faire supporter une partie des conséquences de la crise
– Les dettes seront de plus en plus chères pour raison de « plus de risque »
– Ils vont subir les méfaits de la relocalisation : chômage
– Les aides et subvention vont être plus faibles
Les luttes de clases entre d’un côté les régimes dictatoriaux, valets de l’impérialisme représentant de la bourgeoisie mandataire de l’impérialisme, et de l’autre des classes ouvrières et les masses laborieuses, et les peuples vont s’aiguiser.
Ainsi, les enjeux seront, sur le plan économique :
Pour les régimes dictatoriaux : faire supporter les effets de la crise aux masses laborieuses, aux classes ouvrières et les peuples : perte d’emploi, plus d’impôt, moins de protection sociale et sanitaire, plus de privatisation, plus de flexibilité d’emploi, plus d’emploi précaire, etc.
Sur le plan politique, les régimes dictatoriaux vont vouloir prolonger d’une façon ou d’une autre les états d’exception décrété pendant la pandémie : avec leur lot de répression et d’atteinte au droit démocratique et aux libertés individuelles et publiques.
Pour la classe ouvrière et masses laborieuses, l’enjeu de classe serait :
– – –
La lutte pour une économie indépendante de l’impérialisme, auto-centré, qui garantit les produits alimentaires (la souveraineté alimentaire) et manufacturés de première nécessité.
La lutte pour un régime politique indépendant de l’impérialisme, démocratique, qui respecte les droits fondamentaux inaliénables des citoyens et citoyennes.
La lutte sur le plan social pour un régime de protection sociale et sanitaire pour tous les citoyens et citoyennes, avec un revenu social minimum qui garantit la vie dans la dignité et le respect.
La lutte des classes sera acharnée et sans merci, son issue dépendra du degré de mobilisation de la classe ouvrière et de la construction de ses outils d’auto-défense et de mobilisation : syndicats, mouvements sociaux, mais surtout de la construction de son parti d’avant-garde, capable de mener le combat vers la libération de l’impérialisme, du capitalisme dépendant et de l’ouverture de la voie vers le dépassement du capitalisme et la construction du socialisme.
3) Parmilespaysducapitalismedépendant:lemondearabeetmaghrébin
Certains pays ont connu une première vague du processus révolutionnaire en 2011. Ce processus a permis à certains d’entre eux de se débarrasser des plus rads dictateurs et valets de l’impérialisme : Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte, Kaddhafi en Libye, Salah au Yémen. Cependant, les Tunisiens ont été les seuls à bénéficier pleinement des acquis, plus ou moins persistants, de la révolution. La guerre civile continue avec l’intervention de l’impérialisme et des ingérences des forces régionales. Il y a deux ans, une deuxième vague de ce processus révolutionnaire a secoué le monde arabe et maghrébin : au Soudan, au Liban, en Algérie et en Irak. Encore une fois, le Soudan a été le seul à réaliser certains acquis et à chasser du pouvoir le dictateur réactionnaire El Bachir. Tandis, qu’au Liban la lutte se poursuit, en Algérie et en Irak, les mesures de restriction de déplacement de la population pendant la pandémie a freiné ces mouvements révolutionnaires. Mais, ces derniers risquent comme au Liban, de reprendre après la levée des mesures de restriction.
Ces pays doivent retenir toute notre attention, afin de les soutenir dans la préservation de leur intégrité territoriale, le départ de toutes les puissances étrangères régionales et internationales ainsi que dans la recherche de solutions politiques par les forces nationales du pays sous l’égide des nations unies.
4) LeMaroc
Le Maroc, en tant que pays du capitalisme dépendant, pays du monde arabe et maghrébin a connu également un processus révolutionnaire, le mouvement du 20 février en 2011, qui après avoir été contenu par le régime à travers les manœuvres suivantes : l’octroi d’une nouvelle constitution avec des déclarations promettant plus de liberté, sans rien changer au niveau des fondamentaux du régime. Ce qui a rendu ces déclarations formelles, inopérationnelles.
Le Maroc a également connu une deuxième vague de ce processus, cette fois-ci localisée géographiquement, dans le Rif au nord du Maroc, à Zagora au sud et à Jerada et Outat el Haj à l’est ; et sectoriellement dans les secteurs l’enseignement et la santé.
Le régime va vouloir profiter des mesures de restriction des libertés pendant l’état d’urgence sanitaire, pour prolonger les mesures de répression après la levée de cet état d’urgence sanitaire, et faire endosser les conséquences économiques de la pandémie à la classe ouvrière, aux masses laborieuses et au peuple en général.
Cette pandémie a mis en exergue les tares de la dépendance, le manque de démocratie, et la nature makhzénienne du régime qui se traduit par :
– Sur le plan économique, par la rente, le monopole, et le prévaricisme
– Sur le plan politique, par la dictature et le patrimonialisme
– Sur le plan social, par la charité et la bienfaisance
Après le coronavirus, la lutte de classes sera attisée et le processus des luttes va connaître un grand essor. Son sort dépendra de la création des outils révolutionnaires de la classe ouvrière et des masses laborieuses, de l’alliance des classes populaires, et du soutien international de la lutte du peuple marocain, pour la libération nationale, la démocratie et le socialisme.
Ses outils sont :
– Le parti de la classe ouvrière et des masses laborieuses dont nous allons annoncer la fondation lors de notre prochain congrès, probablement en fin d’année.
– Les organisations autonomes : syndicats, mouvements sociaux, hirak, réseaux de luttes, mouvement des femmes, mouvement amazigh, etc.
– L’alliance des classes populaires : le front social marocain constitué par des partis de gauche, les syndicats, le mouvement des droits humains et d’autres associations, etc. Il compte plus de 40 organismes et peut être un point de départ de cette alliance.
– L’internationale communiste.
Etant un pays du capitalisme dépendant, la révolution se fera en deux temps ou en deux phases, sous
l’égide et la direction de la classe ouvrière.
D’abord, une première phase où la révolution nationale sera démocratique et populaire : pour l’abolition du système du makhzen et la création d’un système démocratique, indépendant de l’impérialisme, et qui réalise les objectifs de la révolution nationale et l’instauration de la démocratie.
Cette phase sera menée par le parti de la classe ouvrière et des masses laborieuses en alliance avec les classes populaires.
Ensuite, une deuxième phase où la lutte toujours sous l’égide de la classe ouvrière pour le dépassement du capitalisme et la construction du socialisme.
En conclusion, les conditions objectives sont propices aux luttes.
Mustapha BRAHMA
Secrétaire général de la Voie Démocratique (Maroc) Le 11/06/2020