Algérie, le peuple doit rester vigilant, il peut déchanter !

Les unes des médias du monde annoncent la démission d’Abdelaziz Bouteflika [au pouvoir depuis 1999].
Après plusieurs semaines de récital citoyen d’un peuple expérimenté, clair dans son attente et de retenues de toute part. Mais le tunnel de sortie à emprunter demeure encore long.

La crise politique en Algérie n’est pas arrivée à son terme.

Et pour parler vrai, l’escalade dangereuse du chef des armées, chef de son clan, à coup de déclarations et de constitution, qui n’est opérante que par circonstances, n’annonce-t-elle pas une guerre de clans : l’armée se prévalant de l’histoire (armée) de la révolution, contre l’écosystème de la Mouradia en membrane protectrice des ramifications du régime des Bouteflika, depuis l’implication directe du chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Gaïd Salah.

Rien n’est moins sûr mais l’arbre de décisions est dans son point de choix : un chef qui rêve d’un destin à la Sissi en Égypte ou un peuple destituant le Nizam, le régime politique ayant mis main basse sur le destin social et économique de L’Algérie.

Le chef d’ État-Major est un fin politique, et sa stratégie est de préserver le régime en éliminant les « fruits pourris ».
Pour s’emparer du pouvoir, dans un communiqué publié le lundi 1 avril, les membres du Comité central du FLN, issu du 10ème congrès affichent un total soutien aux positions affichées par le vice-ministre de la défense et chef d’Etat-Major de l’ANP, Gaïd Salah qui a appelé à la mise en œuvre des articles 102, 7 et 8 de la constitution.

le 30 Mars, il monte à la charge et mentionne, en plus de l’article 102, les articles 7 et 8 consacrant la souveraineté du peuple, pour une sortie de crise dénonçant au passage  ; “certaines parties mal intentionnées”, qui voudraient porter atteinte à la crédibilité de l’armée. Il n’ait plus besoin de dessin pour comprendre qui est visé : les Bouteflika et par ricochet un message au peuple pacifique [à ce jour ! ]. Aucun changement donc qui deconstruit l’institution au delà des slogans.

Et s’ensuit une purge au sommet de l’Assemblée Nationale POPULAIRE (APN) et du Front de Libération Nationale (FLN) et sa mise est entre les mains d’une “instance dirigeante” présidée par le président de l’Assemblée nationale, Mouad Bouchareb.

Une stratégie à TROIS bandes : ARMEE – FLN – APN.
Conditionner l’armée, enrôler le parti, soumettre le symbole de la souveraineté pour assujettir le peuple.

Le peuple dans l’art de la guerre politique récité en dernier ressort. Le plus important c’est le peuple rappelle le Général tel un Sun Tzu de la Mouradia. Obtiens sa confiance et son soutien et tu obtiendras tout ce que tu voudras.

Mais le peuple veut

Le peuple algérien est un peuple mature et ne perd pas de vue son objectif : Dégagez tous !

Le peuple veut la fin de l’autocratie,
Le peuple veut tourner la page de presque soixante ans de spoliation,
Le peuple veut que ses dirigeants soient choisis et non héréditaires
Le peuple veut que sa richesse colossale ne fasse que le bonheur de quelques fraudeurs et usurpateurs,
Le peuple veut que L’Algérie reste ce far porteur d’espoirs à soi et aux peuples de la région,
Le peuple chante ses couleurs, ses langues, ses cultures, ses victoires et reste solide face à ses difficultés.

Ce peuple nous écrit l’histoire en live et ne veut plus être sous tutelle.

Et c’est ce que l’institution triptyque n’a visiblement pas voulu entendre. Elle tentera sûrement, convaincue de sa puissance, d’hypothéquer la stabilité du pays relayée par un tabor médiatique de chaînes de télévision privées.

L’avenir du peuple algérien est dans son présent écrit doctement mon ami Hamid ARAB de l’excellente ligne éditoriale du Matin d’Algérie. Et il a raison de dire que l’espoir de lendemains meilleurs est là.

Pour conclure, L’Algérie est aimante, sauf quand on lui force la main ou on se mêle de son destin. Et dans ce domaine, la France entre autres s’y connaît et devrait rester attentive à ce qu’elle dit ou fait !

Que vive la leçon à l’histoire que nous écrit ce peuple voisin.

Et que son épidémie révolutionnaire du moment se propage sur la rive sud de la Méditerranée.

Mohamed Charqui