{"id":293,"date":"2022-06-21T17:04:35","date_gmt":"2022-06-21T15:04:35","guid":{"rendered":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/?p=293"},"modified":"2022-06-21T17:36:19","modified_gmt":"2022-06-21T15:36:19","slug":"declaration-de-presse-concernant-le-rapport-annuel-sur-la-situation-des-droits-humains-au-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/?p=293","title":{"rendered":"D\u00e9claration de presse concernant: Le rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9claration de presse concernant<\/strong>: <strong>Le rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc durant l\u2019ann\u00e9e 2021<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Mesdames et Messieurs les repr\u00e9sentant(e)s des moyens de communication num\u00e9riques, \u00e9crits et audio-visuels ;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mesdames et Messieurs les repr\u00e9sentant(e)s des organisations ici pr\u00e9sentes ;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Audience honorable.<\/strong><\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Au nom du Bureau central de l\u2019Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), nous sommes heureux de vous accueillir \u00e0 cette conf\u00e9rence de presse destin\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sentation \u00ab du rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc durant l\u2019ann\u00e9e 2021 \u00bb ; le rapport \u00e0 travers lequel nous aspirons \u00e0 attirer l\u2019attention sur les violations portant atteinte aux droits et libert\u00e9s fondamentaux que conna\u00eet notre pays, et sur les mesures urgentes et s\u00e9rieuses \u00e0 prendre pour y mettre fin, plut\u00f4t que de produire et de consommer des discours rassurants et chatouilleux. Il est \u00e9vident que, dans la continuit\u00e9 de la tradition qu\u2019elle a institu\u00e9e depuis les ann\u00e9es 1990, l\u2019AMDH a constamment publi\u00e9 ses rapports annuels, \u00e0 travers lesquels elle vise \u00e0 poser un diagnostic g\u00e9n\u00e9ral de la situation des droits humains, sur la base des violations observ\u00e9es ou suivies directement par son Bureau central et ses sections dans les diff\u00e9rentes villes et r\u00e9gions, ou \u00e0 travers les publications des m\u00e9dias et des sites d\u2019information en g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 partir de son \u00e9valuation g\u00e9n\u00e9rale des diff\u00e9rentes politiques publiques suivies et de la l\u00e9gislation l\u00e9gale adopt\u00e9e. \u00c0 cet \u00e9gard, elle n\u2019a aucun doute que les donn\u00e9es contenues dans le rapport, ainsi que les faits et les pratiques qu\u2019il contient, n\u2019englobent pas tout ce qui porte atteinte aux droits humains et notamment les d\u00e9passements, les perturbations et les violations. Il donne plut\u00f4t une image g\u00e9n\u00e9rale des pratiques des diff\u00e9rentes autorit\u00e9s et des appareils de l\u2019\u00c9tat dans le domaine des droits humains, et montre dans quelle mesure l\u2019\u00c9tat respecte ses engagements vis-\u00e0-vis des droits et des libert\u00e9s qu\u2019il reconna\u00eet aux niveaux national et international.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e dans des rapports pr\u00e9c\u00e9dents, le pr\u00e9sent rapport comprend trois axes principaux, compos\u00e9s d\u2019axes th\u00e9matiques comme suit :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1) &nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/strong><strong>Axe premier : Les droits civils et politiques :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cet axe comprend les th\u00e8mes th\u00e9matiques suivants :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le droit \u00e0 la vie et la peine de mort ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; La d\u00e9tention politique ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les libert\u00e9s publiques ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; La libert\u00e9 de croyance et les libert\u00e9s individuelles ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; La libert\u00e9 d\u2019information, la presse et l\u2019Internet ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le statut p\u00e9nitentiaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2) &nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/strong><strong>Second axe : Les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le droit \u00e0 l\u2019emploi et les droits au travail ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le droit au logement ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le droit \u00e0 la sant\u00e9 ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le droit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les droits linguistiques et culturels ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le droit \u00e0 la protection sociale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3) &nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/strong><strong>Troisi\u00e8me axe : Les droits de personnes ou groupes sp\u00e9cifiques:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les droits de la femme ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les droits de l\u2019enfant ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les droits des personnes handicap\u00e9es ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les droits des migrant-e-s, des r\u00e9fugi\u00e9-e-s, et des demandeur-se-s d\u2019asile ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le droit \u00e0 un environnement sain et au d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019ann\u00e9e 2021, que couvre ce rapport, n\u2019a pas connu d\u2019am\u00e9lioration notable de la situation des droits humains au Maroc, puisqu\u2019elle a demeur\u00e9 \u00e0 sa place, sinon elle a continu\u00e9 de souligner que les violations que connaissent de nombreux droits et libert\u00e9s fondamentaux dans notre pays ne sont ni circonstancielles ni occasionnelles. Elles r\u00e9sultent plut\u00f4t d\u2019un choix politique syst\u00e9matique de l\u2019\u00c9tat, m\u00eame si cela para\u00eet parfois en contradiction avec l\u2019amplification du discours officiel et institutionnel sur les droits humains, et son ambition fr\u00e9n\u00e9tique \u00e0 monopoliser ce discours et en d\u00e9l\u00e9gitimant toute autre approche qui contredit cela, ou qui met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve l\u2019utilit\u00e9 du r\u00f4le protectionniste des institutions gouvernementales et nationales \u0153uvrant dans le domaine de la reconnaissance et la promotion des droits humains.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019une partie de ces violations, observ\u00e9es en 2021, puisse \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 la persistance de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire d\u00e9coulant de la pand\u00e9mie de la Covid-19 et \u00e0 sa gestion en adoptant l\u2019approche s\u00e9curitaire. Les causes de la plupart de ces violations r\u00e9sultent des constantes offensives de l\u2019\u00c9tat contre les libert\u00e9s publiques n\u00e9cessaires qui distinguent toute soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique. Elles sont \u00e9galement dues \u00e0 sa tendance effr\u00e9n\u00e9e \u00e0 saper globalement les plus importants acquis r\u00e9alis\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent dans le domaine des droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels ; et ce en faveur d\u2019un lib\u00e9ralisme sauvage hybride chevauchant l\u2019\u00e9conomie des rentes et qui est \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 la corruption et au pillage \u00e9chappant \u00e0 tout contr\u00f4le des richesses et des biens nationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, la situation des droits humains n&rsquo;est pas sans sc\u00e8nes illustr\u00e9es par des arrestations orient\u00e9es par des proc\u00e8s subis visant \u00e0 couper les langues critiques et \u00e0 museler les bouches d\u00e9nonciatrices et \u00e0 faire taire quiconque ose d\u00e9voiler les transgressions, les abus et les agressions qui ont lieu dans un ciblage clair de la libert\u00e9 d&rsquo;opinion, de l&rsquo;expression, de la libert\u00e9 de la presse et de blogs, et de plus en plus de restriction du droit \u00e0 l&rsquo;organisation, au rassemblement et aux manifestations pacifiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, le rapport s\u2019est arr\u00eat\u00e9 sur une s\u00e9rie de violations touchant&nbsp;<strong>les droits civils et politiques<\/strong>, vu que les prisons regorgent encore de nombreux&nbsp;<strong>d\u00e9tenus politiques et d\u2019opinion<\/strong>, dont les cas ont \u00e9t\u00e9 suivis par l\u2019AMDH, particuli\u00e8rement ceux qui ont \u00e9t\u00e9 poursuivis et jug\u00e9s dans le Hirak du Rif, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 inclus dans les d\u00e9cisions d\u2019amnistie ou ceux qui ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s \u00e0 la suite de tweets, de publications ou de vid\u00e9os sur les r\u00e9seaux sociaux, ou qui ont \u00e9t\u00e9 lourdement condamn\u00e9s apr\u00e8s le d\u00e9mant\u00e8lement du camp de Gdeim Izik, ou ceux qui restent parmi lesdits \u00ab d\u00e9tenus de la Salafiyya Jihadia \u00bb que l\u2019AMDH a toujours consid\u00e9r\u00e9 que beaucoup parmi eux avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s pour leurs opinions et convictions religieuses, et ont \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 de graves violations r\u00e9sidant dans l\u2019enl\u00e8vement, la torture et des proc\u00e8s in\u00e9quitables. Vers septembre 2021, ce rapport a d\u00e9nombr\u00e9 environ 120 d\u00e9tenu-e-s et des dizaines de convocations, d\u2019arrestations et de poursuites judiciaires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le droit \u00e0 la vie<\/strong>&nbsp;en tant que droit humain supr\u00eame, que l\u2019\u00c9tat est cens\u00e9 prot\u00e9ger et garantir les conditions ad\u00e9quates et suffisantes pour sa pr\u00e9servation, est viol\u00e9 dans notre pays pour de nombreuses raisons et dans de multiples endroits. Un grand nombre de citoyen-ne-s perdent leur vie, que ce soit \u00e0 cause de la n\u00e9gligence et du manque d\u2019assistance m\u00e9dicale n\u00e9cessaire dans les h\u00f4pitaux, ou \u00e0 cause du non-respect des r\u00e8gles et normes de s\u00e9curit\u00e9 dans les chantiers et les usines, ou du manque de redevabilit\u00e9 et de la pr\u00e9valence de l\u2019impunit\u00e9 des responsables charg\u00e9s de faire respecter les lois dans les postes de police et les prisons, ou de la noyade dans les mers en qu\u00eate de condition de vie digne ; ou dans les fleuves, les barrages et les plages \u00e0 cause de l\u2019absence de piscines ; ou du suicide d\u00fb aux pressions psychologiques, sociales et \u00e9conomiques&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers les chiffres et les cas cit\u00e9s dans ce rapport, et bien qu\u2019il soit difficile d\u2019acc\u00e9der \u00e0 toutes les donn\u00e9es relatives aux cas de d\u00e9c\u00e8s au Maroc, l\u2019AMDH s\u2019est arr\u00eat\u00e9e sur de nombreux cas qui responsabilisent les politiques publiques de l\u2019\u00c9tat marocain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La peine capitale<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;engagement de l&rsquo;\u00c9tat marocain, dans le cadre des recommandations de la Commission \u00c9quit\u00e9 et R\u00e9conciliation, de ratifier le Deuxi\u00e8me Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui vise \u00e0 abolir la peine de mort, dont l&rsquo;article premier dit: \u00ab Aucune personne relevant de la juridiction d&rsquo;un Etat partie au pr\u00e9sent Protocole ne sera ex\u00e9cut\u00e9e, et Chaque Etat partie prendra toutes les mesures voulues pour abolir la peine de mort dans le ressort de sa juridiction \u00bb ; Et Contrairement \u00e0 l\u2019article 20 du titre deux, intitul\u00e9 Libert\u00e9s et droits fondamentaux de la Constitution marocaine, qui dit : \u00abLe droit \u00e0 la vie est le droit premier de tout \u00eatre humain. La loi prot\u00e8ge ce droit\u00bb ; Le Maroc n&rsquo;a toujours pas ratifi\u00e9 le deuxi\u00e8me protocole susmentionn\u00e9, et les tribunaux marocains prononcent toujours des condamnations \u00e0 mort. L&rsquo;\u00c9tat marocain s&rsquo;abstient toujours de voter en faveur d&rsquo;un moratoire sur l&rsquo;application de la peine de mort, sachant qu\u2019aucune ex\u00e9cution n\u2019a eu lieu depuis pr\u00e8s de trois d\u00e9cennies (1993).<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant l&rsquo;ann\u00e9e 2021, et \u00e0 travers le rapport annuel du Conseil National des Droits de l&rsquo;Homme et le discours du Procureur G\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la s\u00e9ance d&rsquo;ouverture de la Conf\u00e9rence de la Coalition Marocaine pour l&rsquo;Abolition de la Peine de Mort, le total des condamn\u00e9s \u00e0 mort \u00e0 la fin de 2020 \u00e9tait de 74 personnes, dont deux femmes. A la fin de 2021, leur nombre \u00e9tait de 78 (selon le Conseil national des droits de l&rsquo;homme) ou 79 (selon le procureur g\u00e9n\u00e9ral). \u00c9tant donn\u00e9 qu&rsquo;aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une amnistie et qu&rsquo;aucun d\u00e9c\u00e8s n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 parmi eux, on peut conclure que le nombre de condamnations \u00e0 mort prononc\u00e9es en 2021 est de quatre ou cinq. Notre association a enregistr\u00e9 deux cas de condamnation \u00e0 mort au cours de l&rsquo;ann\u00e9e 2021 \u00e0 El Jadida et Tanger.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les d\u00e9c\u00e8s dans les centres de d\u00e9tention, les h\u00f4pitaux, les lieux de travail et autres<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rapport pr\u00e9sente 21 d\u00e9c\u00e8s dans les centres de la police, la gendarmerie, les autorit\u00e9s, les prisons, ou \u00e0 cause du sentiment de l\u2019iniquit\u00e9 (Hogra) ou l\u2019intervention des forces publiques ; et 32 cas de d\u00e9c\u00e8s dans les h\u00f4pitaux et les centres de sant\u00e9 et sociaux suite \u00e0 la n\u00e9gligence m\u00e9dicale, ou aux erreurs m\u00e9dicales ou \u00e0 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de la structure hospitali\u00e8re ; et 93 cas de d\u00e9c\u00e8s sur les lieux de travail en raison du manque de conditions de s\u00e9curit\u00e9 ou lors du d\u00e9placement au travail ; et 8 cas \u00e0 cause des piq\u00fbres de scorpion, des morsures de serpents, de chiens et de la rage ; et 35 d\u00e9c\u00e8s dus \u00e0 la suffocation caus\u00e9e par des fuites de gaz ou du monoxyde de Carbone, et plus de 500 cas de d\u00e9c\u00e8s dus aux inondations, aux noyades, aux incendies et aux accidents de la circulation \u00ab de groupe \u00bb.&nbsp;<strong>Quant aux accidents de la circulation au Maroc<\/strong>, selon les statistiques officielles, ils causent environ 3.500 d\u00e9c\u00e8s chaque ann\u00e9e, dont 839 dans les zones urbaines en 2021.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 propos des femmes enceintes et des nourrissons<\/strong>, le taux de mortalit\u00e9 maternelle au Maroc d\u00e9passe 72 d\u00e9c\u00e8s pour 100.000 naissances, 18 d\u00e9c\u00e8s pour 1000 naissances vivantes chez les nouveau-n\u00e9s et 14 d\u00e9c\u00e8s avant l\u2019\u00e2ge de cinq ans pour 1000 naissances vivantes. Selon l\u2019Organisation Mondiale de la Sant\u00e9, la vie de plus de 80% de tous ces cas auraient pu \u00eatre sauv\u00e9e dans tous les pays. Et ce gr\u00e2ce \u00e0 une politique de sant\u00e9 qui prend en compte la prestation des soins de sant\u00e9 \u00e0 un co\u00fbt appropri\u00e9 et accessible aux familles pr\u00e9sent\u00e9e par des m\u00e9decins et des infirmi\u00e8res qualifi\u00e9s, et en plus d\u2019une nutrition saine pour la m\u00e8re et l\u2019enfant et du suivi de leur \u00e9tat avant et apr\u00e8s l\u2019accouchement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Concernant les d\u00e9c\u00e8s par suicide<\/strong>&nbsp;: Bien que des donn\u00e9es officielles ne soient disponibles sur le suicide au Maroc, un rapport de l\u2019OMS de 2016 sur le sujet annon\u00e7ait un nombre de 1.014 suicides \u00e0 un taux de 2,9 pour 100.000 habitants. Les chercheurs et les personnes qui s\u2019int\u00e9ressent au ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019accordent \u00e0 dire que la r\u00e9gion de Tanger-T\u00e9touan-Al-Hoceima conna\u00eet le plus grand nombre de cas de d\u00e9c\u00e8s par suicide. Les moyens les plus courants de suicide restent la pendaison, suivie de la chute mortelle des terrasses des maisons, puis de la consommation de substances toxiques telles que le poison des souris et des rats ou un insecticide, ainsi que d\u2019autres moyens tels que se jeter devant le train, utiliser des armes tranchantes ou des armes \u00e0 feu. Quant aux causes, les sp\u00e9cialistes estiment que mettre fin \u00e0 la vie traduit une d\u00e9t\u00e9rioration fondamentale de l\u2019\u00e9tat psychologique, li\u00e9e \u00e0 des facteurs dans lesquels les facteurs sanitaires et sociaux se chevauchent avec les facteurs \u00e9conomiques. Cela exige que l\u2019\u00c9tat remette en cause le syst\u00e8me de sant\u00e9 mentale, comme le souligne l\u2019OMS dans ses recommandations en annon\u00e7ant qu\u2019il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence entre la sant\u00e9 physique et mentale et que ce qui est psychologique entra\u00eene des complications physiques et vice versa.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux cas que l\u2019AMDH a pu suivre en 2021, notamment \u00e0 travers les publications dans les journaux et les sites \u00e9lectroniques d\u2019information, et qui ne repr\u00e9sentent qu\u2019une faible proportion du total des cas, leur nombre \u00e9tait 168 cas r\u00e9partis selon les r\u00e9gions administratives comme suit : Tanger-T\u00e9touan-Al Hoceima 49 cas \u00e0 un taux de 19,64%, Beni-Mellal-Kh\u00e9nifra 33 cas (19,64%), Casablanca-Settat 17 cas (10,12%), Souss Massa 17 cas (10,12%), Marrakech-Safi 15 cas (8,93%), F\u00e8s-Mekn\u00e8s 14 cas (8,33%), l\u2019Est 8 cas (4,76%), Rabat-K\u00e9nitra 5 cas (2,98%), Dr\u00e2a- Tafilalet 4 cas (2,38%), Guelmim-Oued Noun 4 cas (2,38%), La\u00e2youne-Sakia El Hamra 1 cas (0,6%), Dakhla-Oued Ed-Dahab 1 cas (0,6%).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En ce qui concerne le dossier de la torture et d\u2019autres mauvais traitements<\/strong>, bien qu\u2019aucune all\u00e9gation claire et explicite de torture n\u2019ait \u00e9t\u00e9 document\u00e9e en 2021, la violence excessive pratiqu\u00e9e par les forces publiques, lors de la dispersion de protestations et de manifestations pacifiques, causant la pers\u00e9cution et des blessures graves, va parfois au-del\u00e0 des mauvais traitements pour devenir de la torture. La mani\u00e8re dont les autorit\u00e9s traitent les marches des enseignant-e-s, auxquel-le-s le syst\u00e8me contractuel a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9, illustre le niveau que peut atteindre le recours \u00e0 la force et ce qu\u2019il peut engendrer comme atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 physique des manifestant-e-s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quant au droit \u00e0 la libert\u00e9 de cr\u00e9er des associations<\/strong>, l\u2019AMDH a enregistr\u00e9 les transgressions de droit par les autorit\u00e9s et les abus de pouvoir en refusant de recevoir de fa\u00e7on directe, par courrier recommand\u00e9 ou par un huissier de justice les dossiers de cr\u00e9ation ou de renouvellement et son refus d\u2019ex\u00e9cuter les d\u00e9cisions judiciaires \u00e9mises \u00e0 son encontre \u00e0 cet \u00e9gard au m\u00e9pris total de l\u2019autorit\u00e9 de la loi, au discr\u00e9dit de toutes les d\u00e9cisions judiciaires et sans respecter la r\u00e8gle d\u2019\u00e9galit\u00e9 devant la loi. Nous citons ici seulement l\u2019arbitraire exerc\u00e9 contre les sections de l\u2019AMDH, \u00e0 savoir que le nombre de sections qui ne disposent pas des r\u00e9c\u00e9piss\u00e9s de d\u00e9p\u00f4t a atteint 74 sections.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour ce qui est du droit de rassemblement et de protestation pacifique<\/strong>, l\u2019AMDH s\u2019est arr\u00eat\u00e9e sur de nombreux cas de pr\u00e9vention et d\u2019interdiction des manifestations, des rassemblements et des sit-in pacifiques en 2021, sur la r\u00e9pression aveugle au cours de laquelle parfois les manifestant-e-s son train\u00e9-e-s par terre, souffrent de blessures graves et il y a recours aux grossi\u00e8ret\u00e9s, aux insultes, aux injures et aux humiliations ; ainsi que de nombreuses d\u00e9tentions ill\u00e9gales, des arrestations, qui dans certains cas se sont transform\u00e9es en poursuites judiciaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire se poursuit et que la sant\u00e9 publique est invoqu\u00e9e, les manifestations et les rassemblements pacifiques, qu\u2019ils soient organis\u00e9s par un organisme autoris\u00e9 par la loi, des coalitions, des r\u00e9seaux, des fronts ou autres, ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement interdits dans certaines villes telles que Rabat, Kh\u00e9nifra, Nador, Drioauch, Tanger et Al-Hoceima ; dans ce contexte, la r\u00e9gion du Rif vit toujours un \u00e9tat de si\u00e8ge et d\u2019interdiction depuis mai 2017.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour ce qui est de la libert\u00e9 de croyance et les libert\u00e9s individuelles<\/strong>, l\u2019AMDH a continu\u00e9 \u00e0 observer certains cas, \u00e0 la fois par le biais de rapports provenant de ses sections ou de reportages dans les m\u00e9dias, notamment :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Priver les Marocains chiites, ainsi que les chr\u00e9tiens, de pratiquer leurs rituels religieux et de relancer publiquement leurs f\u00eates dans leurs propres lieux de culte (husseiniyyas et \u00e9glises) ; ce qui les obligent \u00e0 les exercer secr\u00e8tement chez eux sous la menace de l\u2019ostracisme et de l\u2019isolement social, ou \u00e0 \u00eatre tenus responsables;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Les Marocains chr\u00e9tiens sont contraints de ne pas exprimer publiquement leur choix id\u00e9ologique et de pratiquer leur foi en secret, de peur de perdre leurs droits d\u2019h\u00e9ritage ou la garde de leurs enfants, et ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 baptiser, se marier selon leur croyance, choisir le nom de leurs enfants ou enterrer leurs morts dans des cimeti\u00e8res chr\u00e9tiens;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Le 28 avril 2021, le tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Al-Hoceima a condamn\u00e9 un citoyen, pour non-respect du je\u00fbne (iftar) pendant le Ramadan, \u00e0 deux mois avec sursis et une amende de 500 dirhams ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; En juin 2021, une \u00e9tudiante marocaine a \u00e9t\u00e9 poursuivie \u00e0 cause d\u2019un tweet publi\u00e9 en 2019 intitul\u00e9 \u00ab le verset du Whiskey \u00bb. Elle a quitt\u00e9 le Maroc pour \u00e9tudier en Europe, et y est retourn\u00e9 apr\u00e8s trois ans pour \u00eatre arr\u00eat\u00e9e par les autorit\u00e9s et accus\u00e9e d\u2019 \u00ab atteinte aux croyances religieuses du peuple marocain \u00bb. Elle a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 trois ans d\u2019emprisonnement ferme et \u00e0 une amende de 50000 dirhams.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Concernant la libert\u00e9 d\u2019information, de la presse et d\u2019Internet<\/strong>, le Maroc a connu en 2021 une r\u00e9gression exceptionnelle et sans pr\u00e9c\u00e9dent au niveau de libert\u00e9 d\u2019information, de la presse et des blogs puisque les arrestations et les proc\u00e8s arbitraires de journalistes et de blogueurs se sont poursuivis, dans un contexte autoritaire marqu\u00e9 par la r\u00e9pression et les restrictions \u00e0 la libert\u00e9 des m\u00e9dias, en plus les \u00ab m\u00e9dias \u00bb de diffamation, qui sont fid\u00e8les aux services de s\u00e9curit\u00e9 et de renseignement, continuaient d\u2019attaquer les journalistes ind\u00e9pendants, les politiciens et les d\u00e9fenseurs des droits humains.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019organisation Reporters sans fronti\u00e8res a class\u00e9 le Maroc au 136e rang sur 180 pays dans le classement mondial relatif \u00e0 la libert\u00e9 de la presse en 2021. Selon l\u2019Organisation, la vague de pression judiciaire contre les journalistes se poursuit. En plus des proc\u00e8s qui ont dur\u00e9 des ann\u00e9es contre de nombreux acteurs des m\u00e9dias, les suivis judiciaires des journalistes ont repris de nouveau pour se concentrer cette fois sur les questions \u00e9thiques affectant leur vie personnelle, en continuant \u00e0 utiliser la femme comme un outil dans de tels proc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rapport s\u2019est \u00e9galement arr\u00eat\u00e9, en d\u00e9tail, sur les violations ayant impr\u00e9gn\u00e9&nbsp;<strong>le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable<\/strong>, au c\u0153ur desquelles figuraient les violations qui ont entach\u00e9 le proc\u00e8s \u00e0 distance en raison de la pand\u00e9mie de la Covid-19. En d\u00e9pit des c\u00f4t\u00e9s positifs du proc\u00e8s \u00e0 distance dans la r\u00e9duction de la gravit\u00e9 de l\u2019effet de la diffusion &nbsp;du virus parmi les gens qui visitent le secteur de la justice, pour ne pas perturber et arr\u00eater leurs int\u00e9r\u00eats ; et bien que les d\u00e9tenus soient priv\u00e9s en particulier de la comparution devant le tribunal pour examiner leurs dossiers dans des d\u00e9lais raisonnables ; et pour surmonter les circonstances exceptionnelles qui ont fait de l\u2019\u00e9coute des parties et du transfert des d\u00e9tenus une question qui menace leur sant\u00e9 et leur vie ; ainsi que la probabilit\u00e9 de la contamination et de sa diffusion en en prison ; le droit au proc\u00e8s \u00e9quitable a connu des abus qui auraient pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9s, notamment:<\/p>\n\n\n\n<p>1- Violer le principe de pr\u00e9sence et de confrontation ;<\/p>\n\n\n\n<p>2- Violation du principe de publicit\u00e9 de l\u2019audience ;<\/p>\n\n\n\n<p>3- Violation des droits de la d\u00e9fense.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Concernant le volet relatif \u00e0 la situation dans les prisons<\/strong>, le rapport a indiqu\u00e9 que la population carc\u00e9rale a connu une hausse \u00e0 pr\u00e8s de 4.000 d\u00e9tenu-e-s en 2021 par rapport \u00e0 2020 (3.947). Quant aux condamn\u00e9s, elle a \u00e9galement connu une augmentation de 5.262 prisonnier-e-s, en d\u00e9pit des circonstances de la pand\u00e9mie ; alors que le nombre de personnes en d\u00e9tention provisoire qui s\u2019\u00e9levait \u00e0 1.311 en 2021 a diminu\u00e9 par rapport \u00e0 2020 ; c\u2019est un indicateur partiellement positif, bien qu\u2019il soit en de\u00e7\u00e0 des aspirations du mouvement des droits humains, qui avait plaid\u00e9 pour une v\u00e9ritable rationalisation de la d\u00e9tention provisoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les proc\u00e9dures d\u2019amnistie, le nombre de condamn\u00e9s \u00e0 mort a augment\u00e9 en 2021 (<strong>79 alors qu\u2019il s\u2019\u00e9tait \u00e9tabli \u00e0 73 en 2020<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p>La surpopulation continue d\u2019\u00eatre la caract\u00e9ristique g\u00e9n\u00e9rale des prisons au Maroc, entravant la mise en \u0153uvre des programmes de r\u00e9adaptation et de r\u00e9insertion et emp\u00eachant la jouissance des droits humains fondamentaux, en particulier le droit \u00e0 la sant\u00e9 physique et psychologique et le droit \u00e0 une promenade suffisante et \u00e0 une alimentation saine et \u00e9quilibr\u00e9e. Par exemple, le pourcentage de surpeuplement dans la r\u00e9gion de Marrakech-Safi a atteint 154,31%, dans la r\u00e9gion de Rabat-Sal\u00e9-K\u00e9nitra 146,33% et dans la r\u00e9gion de B\u00e9ni-Mellal-Kh\u00e9nifra 132,38%&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les statistiques sur le nombre de d\u00e9c\u00e8s dans les \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires, il y a eu un total de 204 cas de d\u00e9c\u00e8s en 2021, par rapport \u00e0 2020, o\u00f9 le nombre \u00e9tait de 213.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans le domaine des droits \u00e9conomiques et sociaux<\/strong>, tout au long de l\u2019ann\u00e9e 2021, les droits du travail ont continu\u00e9 d\u2019\u00eatre les plus grandes victimes de la pand\u00e9mie de la Covid-19. Non pas parce qu\u2019ils \u00e9taient mieux auparavant, plut\u00f4t ils \u00e9taient moins prot\u00e9g\u00e9s et entretenus. Ainsi, le ch\u00f4mage s\u2019est aggrav\u00e9, la fragilit\u00e9 de l\u2019emploi s\u2019est aggrav\u00e9e et les droits des travailleuses et des travailleurs sur les lieux de production ont r\u00e9gress\u00e9, principalement le droit \u00e0 un salaire qui garantit une vie d\u00e9cente, ainsi que le droit au syndicalisme et le droit de manifester. L\u2019instrumentalisation politique de la pand\u00e9mie s\u2019est poursuivie par l\u2019autorit\u00e9 pour exercer des restrictions \u00e0 l\u2019encontre des mouvements sociaux des travailleurs et les emp\u00eacher de protester contre l\u2019attaque du patronat contre leurs droits et de d\u00e9noncer les licenciements collectifs ill\u00e9gaux qui ont touch\u00e9 des milliers de travailleuses et de travailleurs dans divers secteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les manifestations de la d\u00e9t\u00e9rioration des droits du travail, les trois quarts des travailleuses et des travailleuses ne disposent pas de couverture sanitaire li\u00e9e \u00e0 l\u2019emploi, en particulier dans le milieu rural. Des violations flagrantes des droits du travail ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es dans un certain nombre de villes, dont la plus grave a \u00e9t\u00e9 la trag\u00e9die de Tanger le 8 f\u00e9vrier 2021, pendant laquelle 28 travailleuses et travailleurs sont morts apr\u00e8s qu\u2019une unit\u00e9 de production de tissus destin\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation a \u00e9t\u00e9 inond\u00e9e dans le garage d\u2019une villa o\u00f9 ils travaillaient. L\u2019AMDH a appel\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une commission ind\u00e9pendante charg\u00e9e d\u2019enqu\u00eater sur l\u2019incident, d\u2019indemniser les familles touch\u00e9es afin d\u2019att\u00e9nuer les effets de la trag\u00e9die et de leur fournir une protection sociale et sanitaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En ce qui concerne le droit \u00e0 un logement d\u00e9cent<\/strong>, il reste encore un droit hors de port\u00e9e pour de larges cat\u00e9gories de citoyennes et citoyennes, surtout si nous excluons les normes qui lui sont applicables ; des types de logements multiples et divers, qui ne sont rien de plus que des toits et des murs qui n\u2019ont pas les exigences de base de la vie quotidienne \u00e0 savoir une superficie suffisante, la lumi\u00e8re et l\u2019a\u00e9ration n\u00e9cessaires ; qu\u2019en est-il des bidonvilles non structur\u00e9s, des installations informelles de migrants en situation irr\u00e9guli\u00e8re et de la situation des sans-abri.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui inqui\u00e8te le plus \u00e0 cet \u00e9gard, c\u2019est plut\u00f4t l&rsquo;\u00e9chec continu des politiques publiques suivies jusqu\u2019\u00e0 nos jours dans le domaine du logement et de la lutte contre le logement inappropri\u00e9 sous toutes ses formes pour atteindre les objectifs et les r\u00e9sultats escompt\u00e9s, malgr\u00e9 les plans et les programmes, les structures immobili\u00e8res et les ressources financi\u00e8res allou\u00e9es pour \u00e9radiquer le ph\u00e9nom\u00e8ne, ce qui remet en question ses raisons structurelles et circonstancielles.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e 2021 ne repr\u00e9sente pas une exception en termes de continuit\u00e9 du manque que conna\u00eet le logement d\u00e9cent, malgr\u00e9 les objectifs et les programmes pr\u00e9par\u00e9s par l\u2019\u00c9tat pour combler le foss\u00e9 et r\u00e9duire l\u2019\u00e9cart dans ce domaine. Le m\u00e9morandum sur le projet de financement de 2021 indique que le gouvernement a \u00e9t\u00e9 en mesure de r\u00e9duire le d\u00e9ficit cumulatif de logements de 840.000 unit\u00e9s en 2011 \u00e0 385.000 unit\u00e9s en 2020. Bien qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 officiellement annonc\u00e9 que 59 villes sont devenues sans bidonvilles et que quelque 301.914 familles ont am\u00e9lior\u00e9 leurs conditions de vie, le gouvernement n\u2019est toujours pas en mesure de r\u00e9soudre la situation des 69.086 familles restantes identifi\u00e9es en 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne&nbsp;<strong>le droit \u00e0 la sant\u00e9<\/strong>, le Maroc a \u00e9t\u00e9 class\u00e9 parmi les 20 plus mauvais Etats en termes de soins de sant\u00e9 et de bien-\u00eatre selon l\u2019indicateur international, vu la faible qualit\u00e9 des services de sant\u00e9 et de l\u2019insatisfaction des citoyens \u00e0 l\u2019\u00e9gard du niveau de ces services fournis, de plus de 80%, en raison du manque de ressources financi\u00e8res et humaines, de la fragilit\u00e9 des infrastructures et du manque de m\u00e9dicaments, d\u2019\u00e9quipements et de fournitures m\u00e9dicales.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc se classe aujourd\u2019hui au 112e rang sur 195 pays en ce qui concerne l\u2019indicateur d\u2019acc\u00e8s et de qualit\u00e9 des services de sant\u00e9 ; sachant qu\u2019y acc\u00e9der reste difficile, en particulier dans les zones rurales, en plus il est co\u00fbteux et exige une longue dur\u00e9e. La qualit\u00e9 des services de sant\u00e9 n\u2019a pas connu le rythme de l\u2019\u00e9volution de leur acc\u00e8s, et le co\u00fbt r\u00e9el pour les citoyens assument reste tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, puisque les familles supportent plus de 50 % de toutes les d\u00e9penses li\u00e9es aux services de sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secteur de la sant\u00e9 marocain souffre d\u2019un grave manque dans les infrastructures, qui sera encore plus consacr\u00e9 \u00e0 mesure que le projet \u00ab Assistance m\u00e9dicale \u00bb entrera en vigueur et que les demandes d\u2019hospitalisation prolif\u00e9reront. Le Maroc ne dispose que de cinq h\u00f4pitaux universitaires, qui souffrent \u00e0 leur tour d\u2019un manque de logistique, de probl\u00e8mes de maintenance ou d\u2019un manque de cadres sanitaires. Outre des dizaines d\u2019h\u00f4pitaux r\u00e9gionaux (39 h\u00f4pitaux sp\u00e9cialis\u00e9s et 102 h\u00f4pitaux publics), de centres de sant\u00e9 (2689 \u00e9tablissements, soit une moyenne de 12000 personnes par \u00e9tablissement dans le milieu rural et 43000 dans le milieu urbain), dont les b\u00e2timents et \u00e9quipements n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9s depuis des d\u00e9cennies, avec un mauvais contr\u00f4le et de faibles budgets de direction et de gestion, surtout que les familles marocaines contribuent \u00e0 57% des d\u00e9penses de soins, comme l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 le ministre de la Sant\u00e9 lui-m\u00eame (le Maroc n\u2019a qu\u2019un lit pour 1000 habitants, contre 2,2 en Tunisie et 7 en Europe. Le pourcentage d\u2019hospitalisation n\u2019atteint que 4,7% au Maroc contre 14% en Tunisie), en plus du co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 des m\u00e9dicaments puisque le co\u00fbt d\u2019acc\u00e8s pour chaque citoyen s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 400 dirhams.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me le plus important dans le secteur de la sant\u00e9 est le manque alarmant de cadres de sant\u00e9. Dans un pays de plus de 30 millions d\u2019habitants, il n\u2019y a que 47000 personnes qui veillent sur la sant\u00e9 publique, avec seulement 46 m\u00e9decins pour 100000 (contre 70 en Tunisie et 300 en France) et 10 infirmiers pour 10000 habitants. C\u2019est ce qui a pouss\u00e9 l\u2019OMS \u00e0 classer le Maroc parmi les 57 pays qui souffrent d\u2019un manque grave dans les ressources humaines puisqu\u2019il souffre d\u2019\u2019un manque dans le secteur sanitaire qui est estim\u00e9 \u00e0 au moins 6000 m\u00e9decins et 9000 infirmiers (sachant que les \u00e9tablissements de formation existants ne sont pas en mesure de rattraper ce retard. Par exemple, il n\u2019y a que 23 \u00e9tablissements de formation d\u2019infirmiers au Maroc). Ce probl\u00e8me est encore aggrav\u00e9 par la mauvaise r\u00e9partition des cadres de sant\u00e9 que ce soit dans la r\u00e9partition reli\u00e9e au nombre ou \u00e0 la qualit\u00e9 puisque l\u2019aspect de la disparit\u00e9 et la diff\u00e9rence entre les institutions restent dominantes (des centres de sant\u00e9 fonctionnent avec plus de 20 cadres de sant\u00e9, tandis que d\u2019autres fonctionnent avec moins de six cadres).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le droit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation<\/strong>, \u00e0 son tour, se plaint de la persistance et de l\u2019approfondissement des diverses aspects de discrimination et de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des chances de disposer d\u2019un enseignement de qualit\u00e9, en particulier dans le contexte de la continuit\u00e9 de la crise de la Covid-19, qui a eu des r\u00e9percussions de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e sur les cat\u00e9gories les plus vuln\u00e9rables, en particulier dans les zones rurales, y compris les filles, les femmes, les personnes vivant dans la pauvret\u00e9, les personnes handicap\u00e9es, les migrants, les demandeurs d\u2019asile et les r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La crise sanitaire de la Covid-19 a montr\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9quiper les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs avec des ressources suppl\u00e9mentaires pour prot\u00e9ger le droit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation gratuite et de qualit\u00e9 sans aucune discrimination. Cependant, contrairement \u00e0 toutes les directives des organisations internationales, des agences des Nations Unies, y compris le Haut-Commissariat aux droits de l\u2019homme et les syndicats internationaux, le Maroc a r\u00e9duit d\u2019environ 3,811 milliards de dirhams le budget du secteur de l\u2019\u00e9ducation scolaire en vertu de la loi de finances modifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le budget du secteur de l\u2019\u00e9ducation nationale pour 2021 \u00e9tait de 58,862 milliards de dirhams r\u00e9parti, enregistrant une l\u00e9g\u00e8re diminution en comparaison avec le budget initial avant la pand\u00e9mie, les familles ont alors commenc\u00e9, avec le budget g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00c9tat, \u00e0 supporter d\u00e9sormais le fardeau du financement de la gestion scolaire estim\u00e9 \u00e0 30%, d\u00e9passant ainsi les pays de l\u2019Organisation de Coop\u00e9ration et de D\u00e9veloppement Economique (OCDE), qui s\u2019\u00e9tablissent \u00e0 16%, selon les d\u00e9clarations du minist\u00e8re de tutelle.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit de la quasi-g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019enseignement primaire (la cat\u00e9gorie \u00e2g\u00e9e entre 6 et 11 ans) pendant l\u2019ann\u00e9e scolaire 2020-2021, , cette proportion reste modeste pour les cycles d\u2019enseignement secondaire coll\u00e9gial et qualifiant. Le taux net de la scolarisation au secondaire coll\u00e9gial \u00e9tait de 87,6 %, tandis que pour le secondaire qualifiant, il n\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9 les 66,6 %. Ces donn\u00e9es conduisent \u00e0 affirmer que tous les Marocains n\u2019ont pas les m\u00eames chances d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019enseignement, et qu\u2019une proportion importante d\u2019enfants (des deux sexes) \u00e2g\u00e9s de 4 \u00e0 16 ans n\u2019a pas rejoint l\u2019\u00e9cole pendant l\u2019ann\u00e9e 2020-2021.<\/p>\n\n\n\n<p>Le taux d\u2019abandon scolaire \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire 2020-2021 a enregistr\u00e9 une augmentation en comparaison avec celui de l\u2019ann\u00e9e scolaire 2019-2020 ; le nombre d\u2019enfants ayant quitt\u00e9 l\u2019\u00e9cole \u00e9tait de 331558 \u00e9l\u00e8ves filles et gar\u00e7ons, r\u00e9parti-e-s sur les trois cycles d\u2019enseignement, respectivement, \u00e0 106704, 156277 et 68577 \u00e9l\u00e8ves des deux sexes. Les taux d\u2019abandon les plus \u00e9lev\u00e9s sont concentr\u00e9s en sixi\u00e8me ann\u00e9e primaire, en particulier chez les filles dans l\u2019enseignement primaire, en premi\u00e8re ann\u00e9e du secondaire coll\u00e9gial et en deuxi\u00e8me ann\u00e9e du baccalaur\u00e9at.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les derniers chiffres fournis par le Haut-Commissariat au Plan concernant l\u2019ann\u00e9e 2019, l\u2019analphab\u00e9tisme touche davantage les femmes que les hommes ; le taux de personnes analphab\u00e8tes, femmes et hommes, est estim\u00e9 \u00e0 35,9%, alors que parmi les femmes, il est de 46,1%. Le taux d\u2019analphab\u00e9tisme parmi les personnes \u00e2g\u00e9es de 50 ans et plus est de 62,2 %, tandis que chez les femmes du m\u00eame groupe d\u2019\u00e2ge, il est de 76,5 %.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En ce qui concerne les droits culturels<\/strong>, la sc\u00e8ne culturelle a \u00e9t\u00e9 paralys\u00e9e, la crise culturelle est apparue de mani\u00e8re \u00e9vidente avec la fermeture des th\u00e9\u00e2tres, des maisons de la culture, des maisons des jeunes et des salles de cin\u00e9ma qui \u00e9taient rares, et tous les festivals, les expositions artistiques, les rencontres et autres activit\u00e9s qui cr\u00e9ent une mobilit\u00e9 culturelle et contribuent \u00e0 fournir des opportunit\u00e9s d\u2019emploi aux artistes marocain-e-s ont \u00e9t\u00e9 suspendus ; et un groupe d\u2019organismes artistiques professionnels ont exprim\u00e9 une grande indignation et un rejet total de la fa\u00e7on dont le Minist\u00e8re de la culture dirigeait le secteur de la culture et de la communication, la d\u00e9crivant comme aveugle et improvis\u00e9 dans la prise de d\u00e9cision et les attitudes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de certains organismes professionnels seulement ; par ailleurs, le soutien pr\u00e9sent\u00e9 aux artistes a provoqu\u00e9 une vague de m\u00e9contentement parmi beaucoup en raison de sa faible valeur, ou de l\u2019absence de crit\u00e8res objectifs et \u00e9quitables pour sa distribution, et en plus il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 tous.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La lecture au Maroc a diminu\u00e9 de 2% et qu\u2019un lecteur potentiel sur dix n\u2019avait pas lu un livre depuis un an, alors que 41% n\u2019avait pas lu un livre depuis six mois ou plus et certaines personnes interview\u00e9es n\u2019avaient pas lu de livre depuis cinq ans&#8230; ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le nombre de salles de cin\u00e9ma est pass\u00e9 de 247 en 1987 \u00e0 31 en 2019, et le nombre de visiteurs est pass\u00e9 de plus de 40 millions en 1987 \u00e0 moins de 2 millions de spectatrices-eurs en 2019 ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il y a 87 salles de th\u00e9\u00e2tre, dont 40 sont des espaces culturels, et le reste appartient \u00e0 d\u2019autres secteurs ou aux communes locales ; 50 % de ces espaces sont concentr\u00e9s dans la r\u00e9gion de Casablanca-Rabat;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Les donn\u00e9es d\u2019une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par la F\u00e9d\u00e9ration marocaine des \u00e9diteurs de journaux montrent qu\u2019au total se vendent environ 200000 exemplaires par jour, un chiffre faible par rapport \u00e0 la population marocaine d\u2019environ 35 millions d\u2019habitants&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La situation des droits culturels et linguistiques<\/strong>&nbsp;n\u2019a pas fait exception aux revers et r\u00e9gressions qu\u2019ont connus les autres droits, malgr\u00e9 certains discours officiels rassurants qui apparaissent pendant certaines occasions pour dispara\u00eetre au niveau de l\u2019op\u00e9rationnalisation et de la mise en \u0153uvre qui sont rest\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cart, que ce soit la Constitution de 2011 et la loi organique n\u00b0 16.26 fixant les \u00e9tapes de la mise en \u0153uvre du caract\u00e8re officiel de la langue amazighe et les modalit\u00e9s de son int\u00e9gration dans l&rsquo;enseignement et dans les diff\u00e9rents secteurs prioritaires de la vie publique, malgr\u00e9 ses d\u00e9faillances, et la circulaire n\u00b0 19 du 10 d\u00e9cembre 2019 du Chef du gouvernement, \u00e0 travers laquelle il appelle les divers secteurs minist\u00e9riels \u00e0 \u00e9laborer des plans pour activer les dispositions de cette loi organique et lui envoyer un calendrier qui tient compte des dates et d\u00e9lais stipul\u00e9s aux articles 31 et 32, dans un d\u00e9lai ne d\u00e9passant pas la fin de janvier 2020. Plus d\u2019une d\u00e9cennie s\u2019est \u00e9coul\u00e9e depuis la constitutionnalisation de la langue amazighe et son op\u00e9rationnalisation n\u2019a toujours pas eu lieu, plut\u00f4t il y a eu des r\u00e9trogradations concernant tous les efforts accomplis par l\u2019Institut royal de la culture amazighe ; ses travaux ont \u00e9t\u00e9 gel\u00e9s, en particulier dans les domaines de l\u2019\u00e9ducation et de l\u2019information, et il s\u2019est retir\u00e9 du suivi et de l\u2019activation de tous les accords sign\u00e9s et il a \u00e9t\u00e9 pratiquement d\u00e9charg\u00e9 de ses fonctions.<\/p>\n\n\n\n<p>La loi 62.17 sur la tutelle administrative des communaut\u00e9s des Soulaliyates et la gestion de leurs biens reste l\u2019une des plus graves en termes de ciblage de l\u2019unit\u00e9 des communaut\u00e9s des Soulaliyates ; elle peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une l\u00e9galisation pour mettre un terme \u00e0 leur existence sachant c\u2019est le gouverneur de la province ou de la pr\u00e9fecture qui a le droit de limiter la liste des membres du groupe (article 3 de la loi 17.62) ; &nbsp;elle ne peut \u00eatre frapp\u00e9e d\u2019appel devant la justice qu\u2019avec l\u2019autorisation du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019autorit\u00e9 de tutelle. En ce qui concerne les d\u00e9cisions de propri\u00e9t\u00e9, de cession, de location et d\u2019\u00e9change, le l\u00e9gislateur les a attribu\u00e9es au Conseil central de tutelle qui est pr\u00e9sid\u00e9 par le ministre de l\u2019int\u00e9rieur, ou l\u2019un de ses repr\u00e9sentants, et au Conseil central de tutelle pr\u00e9sid\u00e9 par le gouverneur de la province (articles 32 et 33 de la m\u00eame loi 62.17) ; le l\u00e9gislateur a donn\u00e9 tous les pouvoirs au ministre de l\u2019int\u00e9rieur, et a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9, sous la banni\u00e8re de la pr\u00e9servation et de l\u2019\u00e9valuation des biens communaux, \u00e0 prendre toutes les mesures administratives et financi\u00e8res, y compris la conclusion de contrats et de conventions au nom de la communaut\u00e9 (article 31).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rapport s\u2019est \u00e9galement arr\u00eat\u00e9 au&nbsp;<strong>droit \u00e0 la protection sociale au Maroc&nbsp;<\/strong>; les syst\u00e8mes de retraite marocains couvrent actuellement un peu plus de 40% de la population active en fonction. Le syst\u00e8me d\u2019assurance maladie obligatoire de base couvre \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame proportion ; ainsi, le nombre de personnes qu\u2019il couvre d\u00e9passe un peu 8,5 millions. Ainsi, environ 60% de la population active se voit refuser la protection sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour y rem\u00e9dier, est apparue la loi 09.21 en tant que loi-cadre pour la mise en \u0153uvre du syst\u00e8me de protection sociale au Maroc, \u00e0 travers un ensemble d\u2019objectifs et de fondements repr\u00e9sent\u00e9s par :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00c9tendre la couverture sanitaire obligatoire d\u2019ici la fin de 2022, de sorte que 22 millions de b\u00e9n\u00e9ficiaires suppl\u00e9mentaires puissent b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019assurance maladie obligatoire couvrant les co\u00fbts des traitements, des m\u00e9dicaments et des hospitalisations ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019indemnisation familiale, qui b\u00e9n\u00e9ficiera \u00e0 environ sept millions d\u2019enfants \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la scolarisation ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00c9largir la base d\u2019adh\u00e9sion aux syst\u00e8mes de retraite en int\u00e9grant environ 5 millions de personnes de la population active, qui n\u2019ont actuellement aucune couverture relative \u00e0 la retraite ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019indemnisation suite \u00e0 la perte d\u2019emploi pour les personnes ayant un emploi stable.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019appuyant sur la m\u00eame m\u00e9thodologie des rapports annuels pr\u00e9c\u00e9dents,&nbsp;<strong>le pr\u00e9sent rapport consacre une place importante \u00e0 la question des droits des femmes<\/strong>, soulignant que les d\u00e9clarations de l\u2019\u00c9tat relatives \u00e0 faire \u00e9voluer la l\u00e9gislation et \u00e0 prendre des mesures visant \u00e0 lever la discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes, \u00e0 plusieurs reprises, que ce soit lors de la pr\u00e9sentation de ses rapports p\u00e9riodiques sur la mise en \u0153uvre \u00e9ventuelle de la Convention sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes, ou lors de l\u2019examen des progr\u00e8s \u00e9ventuels accomplis dans l\u2019activation du Plan d\u2019action de P\u00e9kin, n\u2019ont pas eu d\u2019impact important au niveau de la l\u00e9gislation ni sur la r\u00e9alit\u00e9, du fait qu\u2019il invoque la sp\u00e9cification culturelle et religieuse comme r\u00e9f\u00e9rence chaque fois qu\u2019il s\u2019agit de droits des femmes, en contradiction totale avec ses d\u00e9clarations officielles annonc\u00e9es concernant son adh\u00e9sion au syst\u00e8me universel et global des droits de l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon la derni\u00e8re recherche du Haut-commissariat au plan, une victime sur quatre de la violence physique et une victime sur dix de la violence sexuelle souffrent de blessures et\/ou de probl\u00e8mes psychologiques. Dans le cadre de la relation avec le partenaire, 25 % des victimes de la violence physique et 10 % des victimes de la violence sexuelle ont subi des blessures et\/ou des probl\u00e8mes psychologiques \u00e0 la suite des violences physiques ou sexuelles les plus graves subies au cours des 12 derniers mois.<\/p>\n\n\n\n<p>La situation des femmes s\u2019est encore d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e en raison de la pand\u00e9mie de la Covid-19, qui a eu de graves r\u00e9percussions sur la situation \u00e9conomique et professionnelle des femmes en raison des secteurs dans lesquels elles travaillent et qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme non structur\u00e9s ou de faible valeur aux yeux de la soci\u00e9t\u00e9 ; et selon le rapport du Conseil \u00e9conomique, social et environnemental sur les r\u00e9percussions sanitaires, \u00e9conomiques et sociales du virus Sars-Cov-2 de 2021, les postes d\u2019emploi concernant les femmes ont \u00e9t\u00e9 18 fois plus touch\u00e9s que ceux des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>La participation des femmes aux appareils de d\u00e9cision reste faible et honteuse, malgr\u00e9 leur pr\u00e9sence qualitative et quantitative dans divers domaines \u00e9conomiques, sociaux et culturels, et bien que le Comit\u00e9 concern\u00e9 par l\u2019\u00e9limination de la discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes, \u00e0 sa 40e session, ait d\u00e9clar\u00e9 dans ses observations finales \u00eatre pr\u00e9occup\u00e9 en raison de la tr\u00e8s faible repr\u00e9sentation des femmes aux postes de prise de d\u00e9cision dans tous les milieux, dans les secteurs public et priv\u00e9, dans le corps diplomatique, le pouvoir judiciaire et le milieux acad\u00e9miques ; le Gouvernement n\u2019a pas pris de mesures suffisantes pour accro\u00eetre la repr\u00e9sentation politique des femmes \u00e0 tous les niveaux, y compris de prendre toutes les mesures exceptionnelles provisoires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En ce qui concerne les droits de l\u2019enfant<\/strong>, bien que l\u2019\u00c9tat ait adopt\u00e9 la politique int\u00e9gr\u00e9e de protection des enfants au Maroc le 03 juin 2015 par le comit\u00e9 minist\u00e9riel charg\u00e9 de suivre la mise en \u0153uvre des politiques et des plans publics, sa mise en \u0153uvre sur le terrain reste faible bien qu\u2019 un ensemble d\u2019objectifs aient \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s (les enfants de moins de 18 ans \u2013 les familles pauvres en situation difficile) et qui sont pr\u00e9vus par le Conseil consultatif de la famille et de l\u2019enfance dans les domaines social, droits-humaniste et \u00e9conomique. Malgr\u00e9 le lancement d\u2019une s\u00e9rie d\u2019initiatives pour traiter les probl\u00e8mes des enfants en situation de fragilit\u00e9, notamment le lancement de la campagne \u00ab Pour des villes africaines sans enfants en situation de rue \u00bb, ces initiatives sont rest\u00e9es ternes en l\u2019absence de leurs travaux au niveau national, car elles n\u2019ont \u00e9t\u00e9 activ\u00e9es qu\u2019au niveau de Rabat, tandis que les enfants des rues continuent de tra\u00eener dans les autres villes du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au Conseil consultatif de la famille et de l\u2019enfance, qui a \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 la loi 78-14, il n\u2019est toujours pas actif ; il est toujours bloqu\u00e9 sur les \u00e9tag\u00e8res avec la justification du manque de ressources humaines pour le faire sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mariage des filles est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des volets de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des filles, puisque les filles sont soumises \u00e0 toutes sortes de violences, et sont exploit\u00e9es sexuellement, priv\u00e9es de leur droit au jeu, \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et \u00e0 la sant\u00e9 ; il est aussi consid\u00e9r\u00e9 en contradiction avec les dispositions des conventions internationales pertinentes, en particulier l\u2019article 2 de la Convention sur le consentement au mariage, l\u2019article 9 de la Convention relative aux droits de l\u2019enfant, ainsi que les articles 2 et 9 de la D\u00e9claration sur l\u2019\u00e9limination de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En ce qui concerne les droits des personnes handicap\u00e9es<\/strong>, le nombre de personnes handicap\u00e9es au Maroc est d\u2019environ 2.264.672 personnes, soit environ 6,8% de la population totale ayant des handicaps de diff\u00e9rents types et degr\u00e9s. En outre, chacune des quatre familles compte au moins une personne handicap\u00e9e, ce qui repr\u00e9sente environ 24,5 % de l\u2019ensemble des familles de notre pays. Les chiffres indiquent que seulement 19,04% de ces personnes b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une protection sociale, c\u2019est-\u00e0-dire bien en dessous du quart. En vue de l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019acc\u00e8s de cette cat\u00e9gorie aux services de sant\u00e9, le Fonds d\u2019appui \u00e0 la coh\u00e9sion sociale a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 pour am\u00e9liorer l\u2019\u00e9ducation des enfants handicap\u00e9s et l\u2019acquisition d\u2019appareillages sp\u00e9ciaux, pour promouvoir l\u2019insertion professionnelle et les activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus, et pour contribuer \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des centres d\u2019accueil. Cependant la r\u00e9alit\u00e9 a montr\u00e9 que 60% des personnes handicap\u00e9es ne peuvent pas acc\u00e9der aux services de sant\u00e9, que ce soit pour des raisons financi\u00e8res ou \u00e0 cause de la pr\u00e9sence d\u2019institutions m\u00e9dicales \u00e9loign\u00e9es d\u2019eux. Les statistiques montrent que 38 % des personnes handicap\u00e9es vivent dans des zones rurales, ce qui les emp\u00eache de b\u00e9n\u00e9ficier de ces services.<\/p>\n\n\n\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, le pourcentage de la scolarisation des enfants handicap\u00e9s de la cat\u00e9gorie d&rsquo;\u00e2ge de 6 \u00e0 17 ans n&rsquo;a pas d\u00e9pass\u00e9 41,8%, ou 33.000, et t\u00e9moigne d&rsquo;une disparit\u00e9 remarquable qui n&rsquo;est pas \u00e9quivalente aux statistiques g\u00e9n\u00e9rales de la scolarisation des enfants dans les \u00e9tablissements d&rsquo;enseignement. En effet, le pourcentage d&rsquo;enfants handicap\u00e9s de la cat\u00e9gorie d&rsquo;\u00e2ge de 6 \u00e0 11 ans, selon les r\u00e9sultats de la recherche nationale est de 37,8%, tandis que le pourcentage national du m\u00eame groupe d&rsquo;\u00e2ge est de 99,5%. Pour les enfants handicap\u00e9s \u00e2g\u00e9s de 12 \u00e0 14 ans, la recherche a enregistr\u00e9 un taux de scolarisation de seulement 50,1%, tandis que le taux national pour le m\u00eame groupe d\u2019\u00e2ge \u00e9tait de 87,6%. La proportion d\u2019enfants handicap\u00e9s \u00e2g\u00e9s de 15 \u00e0 17 ans est de 39,9 %, tandis que le taux national de scolarisation pour le m\u00eame groupe d\u2019\u00e2ge est de 61,1 % et que 79 % des enfants scolaris\u00e9s \u00e2g\u00e9s de 5 \u00e0 17 ans leur niveau d\u2019\u00e9tudes ne d\u00e9passe pas la p\u00e9riode primaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les personnes handicap\u00e9es de 18 \u00e0 40 ans, seulement 39,6 % ont pu \u00eatre scolaris\u00e9es, tandis que pour les autres la majorit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire 60,4% n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9es en raison de l\u2019absence d\u2019\u00e9tablissements d\u2019enseignement qui r\u00e9pondent \u00e0 leurs propres besoins. Il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que 53,1% des personnes handicap\u00e9es parmi les scolaris\u00e9es r\u00e9sident dans le milieu urbain, contre 25,4% qui habitent dans le milieu rural. L\u2019in\u00e9galit\u00e9 des chances entre les sexes a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 not\u00e9e puisque 54,1% des personnes de sexe m\u00e2le ont pu acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9cole contre seulement 16 % de sexe f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<p>Le taux d\u2019emploi des personnes handicap\u00e9es en \u00e2ge d\u2019activit\u00e9 est de 13,6%, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 83.000 individus parmi l\u2019ensemble des personnes handicap\u00e9es dont le nombre est 612.000 de la cat\u00e9gorie d\u2019\u00e2ge de 15 ans et plus. Le taux d\u2019emploi est de 11,3% dans le milieu urbain, contre 16,5% dans le milieu rural. En outre, 67,75% des personnes handicap\u00e9es en \u00e2ge d\u2019activit\u00e9 sont au ch\u00f4mage, soit 174.494 personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Seuls 34,1 % des personnes handicap\u00e9es b\u00e9n\u00e9ficient des syst\u00e8mes de protection sociale et les deux tiers de ces personnes assur\u00e9es 60,8 % sont des adh\u00e9rents dans le syst\u00e8me d\u2019assistance m\u00e9dicale (RAMED) ; quant aux autres, ce sont principalement des adh\u00e9rents dans les syst\u00e8mes de la Caisse nationale de s\u00e9curit\u00e9 sociale (CNSS) avec 15,4 % et 12,7 % dans la Caisse nationale des organismes de pr\u00e9voyance sociale (CNOPS), alors que les autres n\u2019ont pas pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une couverture sociale pour diverses raisons, notamment: certaines personnes handicap\u00e9es perdent leurs droits sociaux en raison de leur handicap.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En ce qui concerne les droits des migrant-e-s, des r\u00e9fugi\u00e9-e-s et des demandeur-se-s d\u2019asile<\/strong>&nbsp;au Maroc, l\u2019ann\u00e9e 2021 a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile, compte tenu de plusieurs facteurs, notamment la situation \u00e9conomique et sociale difficile ; du fait que certains migrants et demandeurs d\u2019asile d\u00e9pendent de certaines professions saisonni\u00e8res ou marginales, tandis que d\u2019autres mendient ou demandent de l\u2019aide \u00e0 des familles ou \u00e0 certains transferts de fonds de l\u2019int\u00e9rieur ou de l\u2019ext\u00e9rieur du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, selon la recherche nationale sur la migration internationale men\u00e9e par le Haut-Commissariat au plan en 2018 et publi\u00e9e en 2021, les activit\u00e9s pratiqu\u00e9es ont constitu\u00e9 la principale source de revenus des migrant-e-s au Maroc avec un taux allant jusqu\u2019\u00e0 37,7%, 20,8% d\u2019emploi permanent et 17% de travail occasionnel ou saisonnier. Alors que leur deuxi\u00e8me source de revenus consiste en l\u2019assistance ou les transferts provenant de personnes ou d\u2019institutions au Maroc avec une part de 13,4%. En troisi\u00e8me lieu, la mendicit\u00e9 est une source pour 14,9% des migrants. Il existe \u00e9galement d\u2019autres sources de revenus, notamment le soutien familial, qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 par environ 13,7% des migrant-e-s, l\u2019aide ou les transferts re\u00e7us de l\u2019\u00e9tranger 7,7% ; et enfin l\u2019\u00e9pargne priv\u00e9e 4,8%. Quant \u00e0 la couverture sanitaire, elle est caract\u00e9ris\u00e9e par sa faiblesse puisque un-e migrant-e sur dix a une assurance maladie ; 10,7% des migrants en situation irr\u00e9guli\u00e8re ont une assurance maladie contre 7,7% pour les r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les violations et les transgressions des droits des migrant-e-s, des r\u00e9fugi\u00e9-es et des demandeurs d\u2019asile se sont \u00e9galement poursuivies et diversifi\u00e9es, entre le harc\u00e8lement, les arrestations arbitraires et les expulsions, ainsi que la violence physique et psychologique, la destruction des refuges, la non jouissance de leurs droits fondamentaux, le refus aux demandeurs d\u2019asile le droit d\u2019\u00eatre reconnus comme r\u00e9fugi\u00e9s et leur droit \u00e0 la protection et au regroupement familial.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, les tentatives de la migration des jeunes marocains se sont multipli\u00e9es dans une situation \u00e9conomique difficile que la situation de la Covid-19 et les mesures prises \u00e0 cette occasion ont approfondi ses effets n\u00e9gatifs et aggrav\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 des droits et des libert\u00e9s individuels et collectifs, ce qui a conduit beaucoup d\u2019entre eux \u00e0 se lancer dans des aventures migratoires \u00e0 hauts risques et \u00e0 la perte et la mort de dizaines d\u2019entre eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s que les accords europ\u00e9ens avec la Turquie, la Libye et le Maroc ont r\u00e9duit le nombre de migrants en M\u00e9diterran\u00e9e, de plus en plus de migrants ont commenc\u00e9 \u00e0 emprunter une voie dangereuse entre l\u2019Afrique du Nord-Ouest et les \u00eeles Canaries, ce qui a entra\u00een\u00e9 une augmentation du nombre de migrants d\u00e9c\u00e9d\u00e9s au cours du premier semestre de l\u2019ann\u00e9e 2021, atteignant 2087 pour tenter d\u2019atteindre l\u2019Espagne ; soit environ l\u2019\u00e9quivalent du nombre total de d\u00e9c\u00e8s pour toute l\u2019ann\u00e9e 2020, selon les statistiques du groupe espagnol Caminando fronteras dans son rapport semestriel, qui a consid\u00e9r\u00e9 que la route maritime de l\u2019Oc\u00e9an atlantique vers les \u00eeles Canaries \u00e9tait la plus active et la plus meurtri\u00e8re pour les migrants dont le nombre a atteint 1922 victimes.<\/p>\n\n\n\n<p><a target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Enfin, en ce qui concerne&nbsp;<strong>le droit \u00e0 un d\u00e9veloppement environnemental et durable sain<\/strong>, le rapport conclut que, depuis plus de 10 ans, le Maroc est dans la phase de \u00ab transition environnementale \u00bb qui co\u00efncide avec sa \u00ab transformation d\u00e9mographique, sociale et \u00e9conomique \u00bb, ainsi que les enjeux et les d\u00e9fis auxquels il est confront\u00e9. La nature, l\u2019ampleur des probl\u00e8mes et les questions environnementales \u00e0 r\u00e9soudre montrent clairement que la d\u00e9gradation des ressources naturelles du pays, en particulier les ressources non renouvelables, a atteint un niveau alarmant et critique dans certaines zones fragiles et sensibles.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La fragilit\u00e9 des milieux environnementaux r\u00e9side actuellement dans la raret\u00e9 des ressources et la d\u00e9gradation des \u00e9l\u00e9ments environnementaux. Ainsi, les ressources en eau par habitant sont pass\u00e9es de 2560 m3 par an en 1960 \u00e0 620 m3 aujourd\u2019hui. Si cette tendance se confirme, elle atteindra annuellement 500 m3 par habitant au cours des prochaines ann\u00e9es. On soup\u00e7onne \u00e9galement que la qualit\u00e9 de l\u2019air, qui est de plus en plus d\u00e9grad\u00e9e, est la cause de d\u00e9c\u00e8s de milliers de personnes annuellement. La biodiversit\u00e9, \u00e0 son tour, conna\u00eet \u00e9galement une d\u00e9gradation croissante du domaine environnemental, en particulier en ce qui concerne la perte d\u2019environ 17000 hectares de for\u00eat par an. Quant \u00e0 la c\u00f4te, son attractivit\u00e9 pour diff\u00e9rents types d\u2019activit\u00e9s a conduit \u00e0 sa surexploitation. Concernant les sols, la superficie agricole exploit\u00e9e r\u00e9gresse d\u2019environ 3000 hectares par an en raison de l\u2019expansion de l\u2019urbanisation, tandis que l\u2019avanc\u00e9e de la d\u00e9sertification en menace de vastes zones. Ces diff\u00e9rentes manifestations de d\u00e9gradation de l\u2019environnement ont plusieurs effets sur le cadre de vie de la population, \u00e9conomiquement proche du taux de croissance annuel du Produit Int\u00e9rieur Brut (PIB) du Maroc, creusant ainsi le d\u00e9ficit environnemental du pays pour atteindre un hectare par habitant, alors que le Maroc disposait d\u2019une r\u00e9serve confortable \u00e0 l\u2019aube de son ind\u00e9pendance. C\u2019est sans parler de certains dommages inestimables tels que la perte de vies humaines et l\u2019extinction d\u2019esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales.<\/p>\n\n\n\n<p>De cela, on d\u00e9duit que les diff\u00e9rentes probl\u00e9matiques affectant le milieu naturel proviennent soit de facteurs directs et indirects, soit de leur interaction ensemble. Il appara\u00eet aussi clair que certains facteurs indirects, telles la gouvernance, la croissance d\u00e9mographique, la justice environnementale et la pauvret\u00e9 entrent dans cette classification avant m\u00eame les facteurs directs, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9s comme des sources majeures nocives pour l&rsquo;environnement.<\/p>\n\n\n\n<p>Mesdames et Messieurs;<\/p>\n\n\n\n<p>Telle est la situation des droits humains dans notre pays, elle n\u2019est ni brillante ni rassurante, et la responsabilit\u00e9 incombe aux responsables qui contribuent \u00e0 ce qu\u2019elle prenne cette image, en exacerbant les restrictions des droits fondamentaux et des libert\u00e9s publiques, et en choisissant d\u2019aller de l\u2019avant en imposant l\u2019autoritarisme et en sapant les aspirations du peuple marocain \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la d\u00e9mocratie, \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 et \u00e0 la justice sociale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En conclusion, nous vous renouvelons nos remerciements et nous vous invitons \u00e0 parcourir les axes du rapport pour avoir une id\u00e9e suffisamment compl\u00e8te et d\u00e9taill\u00e9e sur le sujet. En attendant cela, nous sommes tous \u00e0 l\u2019\u00e9coute de vos questions, vos requ\u00eates et vos \u00e9claircissements.<\/strong><br><\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.facebook.com\/plugins\/video.php?height=314&#038;href=https%3A%2F%2Fweb.facebook.com%2FAMDHMAROC%2Fvideos%2F413681610675254%2F&#038;show_text=false&#038;width=560&#038;t=0\" width=\"560\" height=\"314\" style=\"border:none;overflow:hidden\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"true\" allow=\"autoplay; clipboard-write; encrypted-media; picture-in-picture; web-share\" allowFullScreen=\"true\"><\/iframe>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-\u0627\u0644\u0646\u0647\u062c-\u0627\u0644\u062f\u064a\u0645\u0642\u0631\u0627\u0637\u064a wp-block-embed-\u0627\u0644\u0646\u0647\u062c-\u0627\u0644\u062f\u064a\u0645\u0642\u0631\u0627\u0637\u064a\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"CoOeevfbqr\"><a href=\"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/ar\/9567\">\u0627\u0644\u062a\u0642\u0631\u064a\u0631 \u0627\u0644\u0633\u0646\u0648\u064a \u0644 \u062c.\u0645.\u062d.\u0625 \u062d\u0648\u0644 \u0623\u0648\u0636\u0627\u0639 \u062d\u0642\u0648\u0642 \u0627\u0644\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646 \u0628\u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0644\u0633\u0646\u0629 2021<\/a><\/blockquote><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"&#8220;\u0627\u0644\u062a\u0642\u0631\u064a\u0631 \u0627\u0644\u0633\u0646\u0648\u064a \u0644 \u062c.\u0645.\u062d.\u0625 \u062d\u0648\u0644 \u0623\u0648\u0636\u0627\u0639 \u062d\u0642\u0648\u0642 \u0627\u0644\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646 \u0628\u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0644\u0633\u0646\u0629 2021&#8221; &#8212; \u0627\u0644\u0646\u0647\u062c \u0627\u0644\u062f\u064a\u0645\u0642\u0631\u0627\u0637\u064a\" src=\"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/ar\/9567\/embed#?secret=Z9uDbDltcR#?secret=CoOeevfbqr\" data-secret=\"CoOeevfbqr\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9claration de presse concernant: Le<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":294,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[4],"tags":[],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/annahjaddimocrati.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/AMDH-13e.jpg?fit=563%2C320&ssl=1","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/293"}],"collection":[{"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=293"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/293\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":298,"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/293\/revisions\/298"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/294"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=293"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=293"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/annahjaddimocrati.org\/fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=293"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}